Livres de l'éditeur du Croquant - Librairie Plume(s)
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Plume(s) est une toute jeune petite librairie, qui a ouvert le 1er avril 2008 - non, ce n’était pas un poisson.

Nous voulons proposer des documents qu’on ne trouve habituellement pas à Millau, et proposer aussi un espace de convivialité.

Vous y trouverez des livres, des dvd, des revues sur les thèmes de l’écologie, de l’alter-mondialisme, de la non-violence,... mais aussi des livres maternité et jeunesse, jardinage, cuisine, construction écologique, ou d’autres qui nous ont plu,
ainsi que thé, café, chocolat et jus de fruits bio-équitables,
et aussi un accès internet,
le tout dans la bonne humeur ...

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x 14 22 240 p. Pour une analyse critique des médias T Pinto Eveline, Bouveresse Jacques, Champagne Patrick et Charle Christophe essai société 2007 19/01/07 9782914968263 du Croquant Politique et société -médias 22,00 € 22.00 sur commande ?
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Cet ouvrage cherche à expliquer le mode de fonctionnement du monde journalistique et des sous-ensembles spécialisés qui constituent le paysage médiatique contemporain. De la rhétorique sécuritaire à la diffusion massive de nouvelles à forte charge émotive, des rubriques « économie » ou « politique internationale » aux publications scientifiques et culturelles, les auteurs visent à mettre en évidence les effets des mises en scène médiatiques sur l’information et la vie intellectuelle.

Comment restituer à la presse sa fonction critique, si sa perte est la conséquence inéluctable des restructurations en cours ? De même qu’il y a du « jeu » dans les rouages de la machine, il y a des marges de liberté dans tout dispositif institutionnel. Ce livre tend à rendre possible une confrontation constructive entre universitaires et journalistes et à favoriser les échanges entre professionnels et chercheurs de la presse. Il cherche à tirer les conséquences de ce qu’il observe, les comportements des intellectuels médiatiques qui, par leur attitude respectueuse à l’égard de tous les pouvoirs établis, sont en train de ruiner le débat public en France, en invitant à réagir à ce constat.

x 17 23 144 p. Revue Savoir/Agir n5 T essai santé 2008 12/09/08 9782914968485 du Croquant Politique et société 15,00 € 15.00 épuisé
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Alors que la réforme de l’assurance maladie de 2004 ambitionnait d’être selon son promoteur – Philippe Douste-Blazy _ la dernière du genre en comblant une fois pour toutes le trop fameux « trou de la Sécu », une énième « modernisation » du système de santé est annoncée pour l’automne, au moment où s’impose comme impératif catégorique de l’action gouvernementale la réduction des déficits et de la dette publics. A défaut d’avoir ramené ces derniers dans les clous du Pacte de stabilité, le Président de la République et son état major veulent ainsi démontrer aux « partenaires » européens, à la veille de la présidence française de l’Union, leur détermination à mener à bien les réformes de la protection sociale que réclame et vante la Commission depuis maintenant près de quinze ans. Les rapports officiels se multiplient – sur l’hôpital, sur les futures Agences Régionales de Santé, etc. – au même rythme que les déclarations fracassantes destinées à prendre le pouls de l’opinion sur telle ou telle mesure de déremboursement (dernier exemple en date, le déremboursement de l’optique et des soins dentaires). Si les tergiversations sur le détail de la réforme à venir sont nombreuses, sa logique ne fait, elle, aucun doute : la réduction des déficits publics pousse à transférer au marché des complémentaires santé un nombre toujours plus grands de dépenses jusqu’alors prises en charge par l’assurance maladie publique, au nom de la soi-disante « responsabilisation » (financière) des assurés sociaux. Il s’agit, en effet, du dernier levier à actionner lorsque l’on a écarté d’emblée l’accroissement du financement public et la réorganisation de l’offre de soins, de peur de heurter les intérêts économiques de la profession médicale et des industries de santé. C’est donc l’assuré social qui paiera de sa poche. Une nouvelle fois. Mobilisant des chercheurs reconnus pour leurs travaux en sociologie et économie de la santé, le numéro spécial de la revue Savoir/Agir vise trois objectifs : replacer le cas français dans le cadre de l’épidémie de réformes qui touche tous les systèmes de santé européens depuis les années 1990 ; faire le bilan de l’empilement des outils et institutions destinés à « réguler » les dépenses de santé en France depuis vingt ans ; défricher d’autres pistes de réforme, qui feraient en sorte que « modernisation » rime avec progrès et non avec régression de la solidarité face à la maladie.
x 14 20,4 270 p. La crise du capitalisme américain T Jorion Paul essai économie 2009 22/10/09 9782914968621 du Croquant Politique et société -économie 20,00 € 20.00 présent à Plume(s)
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La crise du capitalisme américain parut en février 2007, soit six mois avant que la crise n’éclate véritablement. L’ouvrage avait été écrit d’octobre 2004 à février 2005. En novembre 2005, Paul Jorion, qui travaillait depuis 1998 dans le secteur du crédit à la consommation aux Etats-Unis, serait recruté par Countrywide, le principal établissement de crédit immobilier américain, bientôt au coeur de la tourmente et dont il resterait cadre jusqu’en octobre 2007. Le capitalisme américain apparaissant à l’époque triomphant, le manuscrit chercha vainement un éditeur pendant plus d’un an.

Quand la décision de le publier fut prise, l’éditeur, sceptique, en modifia le titre qui devint Vers la crise du capitalisme américain ? Le livre a repris son titre original dans la présente réédition. La " crise des subprimes " éclata en août 2007. Le crédit s’était soudain tari sur les marchés interbancaires quand les prêts immobiliers américains, plusieurs milliers d’entre eux étant reconditionnés à la fois sous forme d’obligations (la " titrisation "), cessèrent de trouver acheteurs.

La raison en était simple : ils essuyaient désormais de lourdes pertes, de trop nombreux emprunteurs appartenant au fameux secteur à risque des " subprimes " se révélant incapables de faire face à leurs engagements. Limitée au départ aux États-Unis, la crise devait bientôt déferler sur le monde. Le portrait dépeint ici est celui d’une Amérique aux consommateurs surendettés s’engouffrant avec l’aide d’organismes de prêt complaisants et de banques d’investissement rapaces, dans une gigantesque bulle immobilière.

Si les États-Unis étaient bien les principaux responsables du drame, ils n’étaient cependant pas seuls car la Chine avait financé la bulle par ses achats massifs de bons du Trésor et de titres immobiliers américains, poussant les taux d’intérêt à la baisse et encourageant de fait le consommateur américain à acheter les produits made in China en quantités colossales. Lorsque la bulle creva, le capitalisme américain, entraînant le monde à sa suite, plongea dans une crise historique qui risque désormais de lui être fatale.

x 16 24 437 p. Mafia et comportements mafieux
Revue illusio T.6.7
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essai mafia 2010 31/03/10 9782914968720 du Croquant Revue Illusio Politique et société 25,00 € 25.00 sur commande ?
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Ce numéro de la revue Illusio dont la thématique est « Mafias et comportements mafieux » se donne pour objectif de comprendre quelles sont les relations entre ce que l’on nomme généralement le crime organisé et le système capitaliste.

De ce fait, il nous semble essentiel, afin d’apporter un éclairage original, de mettre en perspective les pratiques mafieuses les plus traditionnelles avec les pratiques nouvelles et contemporaines liées aux fonctionnements politiques dans le monde capitaliste. En effet, le crime organisé se développe et traverse toutes les formes d’institutions. Il recherche la maximisation du profit et se dote pour cela d’une hiérarchie militaire doublée d’une dimension « identitaire ». Ces modes d’organisation s’organisent autour de violences multiples et variées, de silences, de dons, contre-dons et dettes, d’échanges croisés en dehors de toute légalité.

Aussi, ce travail ne se limite pas à l’étude des différentes criminalités trans- ou supranationales mais s’organise autour de comportements et de pratiques qui participent de la quotidienneté politique et économique ou de la société du spectacle sportif par exemple. Cette criminalité qui institue des dominations diverses et variées possède pour centre névralgique et lieu de désir le capital. C’est pour cela que le développement mafieux est contemporain du développement capitaliste.

Sommaire

Societes criminelles
Eric de Montgolfier  Du jeu des apparences. Normes, déviances et criminalité.
Didier Lebert et Carlo Vercellone  Essai sur les transformations de la Mafia-entreprise en Italie
Nicolas Oblin et Patrick Vassort  L’institutionnalisation du crime ou la sauvage victoire du capitalisme
Jean de Maillard  Penser le crime après Durkheim : à quoi sert la criminalité ?
Clotilde Champeyrache  Le paradoxe mafieux ou l’abolition des frontières entre légalité et illégalité
Gerard Rabinovitch  Système mafieux et capitalisme

Arrangements mafieux

Dany-Robert Dufour  Libéralisme, pulsions et mafias
Wolfgang Pohrt  Les amis
Guy Debord  La mafia n’est pas étrangère…
Estelle Deléage  L’agriculture productiviste : hors la loi !
Sandrine Boulmier et Nadia Veyrié  Devenir animal et fausse conscience. Réflexion sur la chasse et le trafic d’organes d’ours
Anselm Jappe  « Common decency » ou corporatisme ? Observations sur l’œuvre de Jean-Claude Michéa
Luis Bredlow  Notes sur la résistance, la tradition et l’indigénisme
Wolfgang Pohrt  Les vétérans

L’honorable famille sportive

Fabien Lebrun  Mafias, médias et sport : une alliance anti-démocratique
Andrew Jennings  Le CIO, la FIFA, le capitalisme et leur monde de gangsters
Patrick Vassort  Sport et violences politiques. De l’économie souterraine à la mafia
Abdellatif Naja  Les dignitaires du sport marocain. Une autocratie vieillissante aux relents mafieux
Nicolas Oblin  Un sport d’honneur. Critique des tribus sportives

Notes de lecture

x 19,6 20,4 364 p. Le prix T Jorion Paul essai finance 2010 16/09/10 9782914968768 du Croquant Dynamiques socio-économiques Politique et société -économie 23,00 € 23.00 présent à Plume(s)
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Surpris par la manière dont les prix se déterminent dans la pêche artisanale en Bretagne et en Afrique, Paul Jorion voulut en avoir le coeur net : le prix se fixe-t-il bien, comme on le prétend, par la rencontre de l’offre et de la demande ? Ce qu’il découvrit, est surprenant : le prix se détermine selon le rapport de force existant entre le groupe des vendeurs et celui des acheteurs, qui se définit à son tour en fonction de la rareté relative de chacun de ceux-ci à l’intérieur du groupe auquel il appartient.

La froide logique de l’offre et de la demande s’efface derrière les rapports humains et une image émerge : celle d’un cadre sociopolitique qui trouve dans les prix le moyen de se reproduire à l’identique. Statut social, degré de concurrence de chacun au sein de son groupe, risque que chacun fait subir à sa contrepartie dans une transaction commerciale étalée dans le temps, tout cela s’équivaut en réalité au sein d’une équation complexe.

La théorie de la formation des prix qui se dégage est à la fois neuve et ancienne : c’est celle énoncée autrefois par Aristote. Son domaine de validité ne se restreint pas aux marchés traditionnels puisque sa logique se retrouve intacte sur les marchés financiers contemporains : de la notation des consommateurs pour leur risque de crédit aux métamorphoses du métayage sur le marché des options et vies swaps.

L’auteur expose, dans ce livre, comment s’est constituée au fil des années – en Europe, en Afrique et en Amérique – la boîte à outils qui lui a permis d’être l’un des tous premiers à annoncer la crise financière et économique et à l’analyser.

x 14 20,5 127 p. Plaisir d’être en réunion
Animer et participer
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Poncin Béatrice guide 2010 23/09/10 9782914968782 du Croquant Comment Divers 12,00 € 12.00 présent à Plume(s)
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Comment permettre à tous de participer pleinement et efficacement à une réunion ? Pourquoi un animateur, un ordre du jour, des outils d’animation, un compte-rendu, des temps de bilan, etc.

 ? :° Comment s’y prendre pour gérer le temps, distribuer la parole, partager des points : de vue, résoudre des conflits, décider ensemble ? Comment faire pour que les réunions soient de vrais moments de rencontre et de plaisir, et que chaque participant soit coresponsable ? Cet ouvrage propose de répondre à ces questions et à de nombreuses autres que se posent participants et animateurs de réunion, et de partager des expériences et des réflexions concrètes, des outils vivants pour tous ceux qui ont besoin de se réunir.

Il propose également de déplacer le regard habituellement porté sur les réunions. En montrant que l’opérationnel ne peut fonctionner sans porter toute son attention à la dimension humaine, que l’intelligence collective ne peut émerger sans l’inclusion de chacun et en abordant en détail les difficultés et les différents moments de la vie du groupe, il a pour objectif d’aider à transformer ce qui est souvent vécu comme une contrainte nécessaire en une activité stimulante.

Ce guide pratique s’adresse à tous les participants et les animateurs de réunion - novices ou éprouvés - qui souhaitent améliorer leurs interventions et mettre leur énergie au service de la construction collective des idées, des projets et des actions, pour s’enrichir de réunions créatives, agréables et dynamiques.

x 14 22 300 p. Les 72 immortelles Volume 2
L’ébauche d’un ordre libertaire - Une nouvelle lecture de la commune de Paris de 1871
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Chérasse Jean essai Commune de Paris 2018 06/12/18 9782365121804 du Croquant Politique et société -histoire 20,00 € 20.00 présent à Plume(s)
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Le récit éphéméride des 72 journées « immortelles » de la Commune de Paris, qui a été rapporté dans le volume précédent, n’est pas la saga d’un événement habituel ou récurrent, ce n’est pas non plus l’un de ces orages coutumiers du « bivouac des révolutions » selon la belle formule de Jules Vallès, mais une brûlure historique au deuxième degré, provo- quée par un concours de circonstances tout à fait exceptionnelles. Il s’agit en réalité d’une véritable éruption volcanique de la société, consécutive au déplacement des plaques tectoniques humaines que sont les classes sociales. Pour tenter de comprendre ce qui s’est passé, il faut d’abord faire un grand flash-back de quatre-vingt-deux ans : pour cette traversée de l’histoire, j’ai choisi de répondre à la question posée par l’abbé Sieyès : « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? » Puis ce seront les prémisses des « 72 Immortelles », de « l’affiche rouge » à la proclamation de la Commune à l’Hôtel-de- Ville, le 28 Mars 1871. J’ai déjà indiqué dans son éphéméride, quelques pistes à suivre pour faire connaissance de cette « belle équipe » dont un peu plus du tiers est d’origine prolétarienne et dont la gouvernance absolument originale, est un OVNI de notre histoire. Mettant à l’écart l’ abominable légende noire créée par l’odieuse camarilla de Versailles ainsi que les diverses récupé- rations qui veulent faire de la Commune le détachement précurseur des pouvoirs d’états communistes, une nouvelle lecture des événements s’appuyant essentiellement sur les comportements et les idées des protagonistes sinon sur leurs rêves, va nous révéler une pièce sympathique et fervente même si elle est un peu foutraque, en tout cas une scénographie incroyablement neuve et fascinante, dans les décombres fumants d’une autocratie. La Commune est une grande parenthèse festive mais elle est aussi un essai de démocratie directe « en actes », un gouver- nement du peuple par le peuple et pour le peuple, bref l’esquisse d’une gestion juste et conviviale du bien public « commun » pour ce que devrait être une véritable république sociale universelle. Elle se donne un pouvoir libertaire alors qu’elle est paradoxalement issue d’une structure militaire, et elle fait d’emblée, un double pari pascalien de l’émancipation et de la fraternité ! Elle nous interroge aujourd’hui, pour que nous l’observions sans œillères et aussi pour que nous inscrivions l’exigence de son messianisme salutaire dans le cloaque capitaliste qui nous entraîne vers l’apocalypse. Car « Le temps de cerises » n’est pas seulement celui de la nostalgie, il peut être aussi celui d’une nouvelle problématique révolutionnaire...
x 14 20,2 285 p. L’espace des mouvements sociaux T Mathieu Lilian essai 2012 12/01/12 9782365120029 du Croquant Sociopo Politique et société 20,00 € 20.00 présent à Plume(s)
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Conflits de travail, lutte contre le sida, défense des immigrés, altermondialisme, actions collectives de précaires, féminisme : autant de mobilisations importantes qui ont marqué la vie politique et sur lesquelles cet ouvrage entend apporter un éclairage original et de nouvelles clefs d’analyse.

Il montre que les mouvements protestataires ne résultent pas de brutales poussées de mécontentement, mais qu’ils relèvent au contraire d’un domaine d’activité particulier, exigeant la maîtrise de compétences spécialisées. Scrutant les rapports étroits qu’ils entretiennent les uns avec les autres, l’ouvrage montre également que ces mouvements sont loin d’occuper une position marginale et dominée dans le paysage politique : ils constituent un mode d’intervention dans la conduite des affaires de la cité distinct des arènes institutionnelles qu’ils tendent à concurrencer ou à contester.

La notion d’espace des mouvements sociaux au coeur de cet ouvrage invite ainsi à penser la spécificité du registre politique de la protestation collective tout en cernant ses évolutions les plus significatives. L’analyse qui s’inspire de la théorie des champs de Pierre Bourdieu s’appuie sur une connaissance fine du paysage contestataire français, de Mai 68 au récent mouvement contre la réforme des retraites, pour offrir une nouvelle compréhension des reconfigurations politiques contemporaines.

x 17 23 224 p. 2012 : les sociologues s’invitent dans le débat public T magazine politique, sociologie 2012 16/02/12 9782365120050 du Croquant Revue Savoir/Agir, numéro 2012 Politique et société 15,00 € 15.00 épuisé
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L’expérience de la collection Savoir/Agir révèle la richesse et l’originalité des analyses proposées par des intellectuels critiques.

Or ceux-ci, plus familiers avec la description et l’explication du réel qu’avec l’élaboration de programmes, ne sont pas à l’aise dans une conjoncture électorale. Mais, précisément pour cette raison, ils ne sont pas nécessairement mal placés pour faire ce qu’eux seuls sont en mesure de faire.

À savoir d’une part, établir un diagnostic synthétique de l’état des choses dans un domaine de leur compétence ; d’autre part, énumérer un certain nombre de points qui leur semblent décisifs pour ce que pourrait être une politique de gauche.

L’exercice de militantisme intellectuel proposé ici a quelque chose de paradoxal. Alors que la gauche de gauche se voit d’ordinaire associée à des idées dites maximalistes, il s’agit de favoriser, sur des points précis, la formulation de principes d’action en deçà desquels une gauche digne de ce nom ne pourrait que se déjuger : non pas placer la barre très haut, la placer plutôt au minimum, un minimum qui pourrait aussi être l’essentiel, bref ce qui ne saurait être escamoté.

L’urgence semble aujourd’hui de montrer qu’autre chose est possible, réalisable, en refusant à la fois la capitulation social-démocrate devant la loi d’airain du capitalisme financier et le délire incantatoire du discours "anticapitaliste". Le "réalisme utopique" dont parlait Bourdieu ne se distingue ni par les fausses précisions du discours d’expert ni par des proclamations grandioses mais vagues : il consiste à chercher les points précis où peut se faire un basculement des rapports de force en faveur de la justice sociale, de la démocratie et de la maîtrise collective du futur.

Être "radical" consiste à être simplement conséquent : c’est, après avoir pris connaissance des questions posées, chercher des réponses qui pourraient être à la hauteur de ces questions. En matière d’environnement ou de marché financier, la réalité se charge de montrer que des idées autrefois considérées comme radicales, et donc exclues de l’horizon du pensable, ne sont pas aussi extravagantes qu’on avait bien voulu le dire.

x 14 20,5 247 p. La politique confisquée
Sociologie des réformes et des institutions intercommunales
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Desage Fabien et Guéranger David essai politique 2011 17/03/11 9782914968867 du Croquant Savoir/Agir Politique et société 20,00 € 20.00 épuisé
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L’intercommunalité a connu un développement accéléré depuis quelques années. A tel point que les communautés (de communes, d’agglomération ou urbaines) couvrent aujourd’hui la quasi-totalité du territoire national et concernent plus de 90 % de la population française. Si les traces de leur action jalonnent la vie quotidienne locale — le bus qui arbore l’acronyme du syndicat de transports en commun, la ligne de contribution aux services d’assainissement ou de ramassage des ordures ménagères qui barre la feuille des impôts locaux, le bâtiment du siège des services administratifs, parfois baptisé " hôtel de communauté " —, elles demeurent des objets politiques méconnus de la majorité des citoyens.

Ce décalage entre des institutions sans cesse plus nombreuses, plus importantes, et leur faible appropriation démocratique, fonde l’hypothèse centrale de cet ouvrage : celle d’un objet politique doublement confisqué. Confisquée, l’intercommunalité l’est d’abord en raison de son fonctionnement politique singulier, marqué par des " consensus " interpartisans établis à l’abri des regards des citoyens et des élus municipaux. Confisquée, l’intercommunalité l’est ensuite au nom de sa technicité présumée, un argument qui puise dans les discours des acteurs politiques eux-mêmes et que valident ses " experts " patentés. Elle se trouve ainsi érigée en objet à part, domaine réservé de quelques-uns.

Le présent ouvrage prend le contre-pied de ces conceptions dépolitisantes de l’intercommunalité. D’abord, en montrant les mécanismes qui la soustraient à tout espace public de délibération. Ensuite, en insistant sur les nombreuses conséquences politiques et sociales pour les territoires concernés des choix et des non-choix intercommunaux. Lever le voile sur les institutions intercommunales fournit ainsi un mobile et des outils pour les investir politiquement.

x 12 18 63 p. Manifeste - La connaissance libère T Champ libre aux Sciences sociales essai 2013 13/06/13 9782365120258 du Croquant Politique et société 5,00 € 5.00 sur commande ?
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Un manifeste pour la défense des sciences sociales, nécessaires à la compréhension des crises écononomiques, sociales et politiques.
x 13,5 20,5 210 p. Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne T Lebrujah Raphaël doc Kurdistan 2018 26/10/18 9782365121750 du Croquant International -Moyen Orient 15,00 € 15.00 prochainement à Plume(s) ?
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L’ouvrage est une présentation du Rojava pour faire connaître la réalité du Kurdistan syrien dans sa globalité. Les données manquant cruellement en français, on trouve ici un ensemble d’informations éclairant le lecteur sur le Rojava dans le cadre de la guerre civile qui fait rage en Syrie. Il prend en compte aussi bien les aspects militaires, historiques, politiques, économiques, idéologiques, géopolitiques de la situation. Il est difficile de trouver des textes aussi larges et complets que celui-ci sur le Rojava.

L’ouvrage explore de nouveaux aspects inédits, souvent peu connus du grand public. Il se base sur de nombreuses recherches documentaires, une enquête de terrain menée sur place et de nombreux entretiens avec des acteurs de la situation. L’auteur a lui-même cherché à faire connaître au plus grand nombre cette révolution égalitaire, féministe, écologique et surtout démocratique. Cette révolution a pris des formes inattendues et originales qui sonnent comme des enseignements pour l’Occident dans de nombreux domaines, allant des droits humains à une démocratie par la base. Cette société progressiste nous influencera-t-elle à notre tour ?

Les fracas de la guerre civile en Syrie ont fait couler beaucoup d’encre mais le Rojava, ou Kurdistan syrien situé dans le nord de la Syrie, cherche encore à se faire connaître. Alors que les projecteurs étaient braqués sur Daech, l’État syrien et les djihadistes, le Rojava reste la partie de la Syrie la moins étudiée et la moins connue, où le projet politique démocratique le plus abouti s’épanouit. Ce système qui ne cesse de nous étonner est loin d’avoir livré tous ses secrets et ce livre explore l’ensemble. Cet ouvrage a vocation à contribuer aussi à la réflexion sur la pensée politique en France à la découverte de cette nouvelle société étonnamment progressiste au milieux de dictatures brutales. Les solutions apportées par le projet politique défendu par les peuples du nord de la Syrie, en premiers lieux les kurdes, fait renaître l’espoir de pouvoir connaître un jour une Syrie démocratique, féministe, multi- culturelle, multiconfessionnelle et en paix avec elle-même.

x 11 17,5 159 p. Le droit du travail en danger
Une ressource collective pour des combats individuels
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Willemez Laurent essai travail 2006 01/03/06 9782914968164 du Croquant Savoir/Agir Politique et société -entreprises, travail, syndicalisme 12,00 € 12.00 présent à Plume(s)
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Le droit du travail est en danger : réquisitoires et entorses remettent symboliquement et pratiquement en cause le dispositif d’encadrement légal du travail salarié et de protection des travailleurs qui s’était progressivement mis en place. Sur fond de dérégulation et de désinvestissement de l’Etat, mais aussi de division syndicale et d’asthénie des luttes sociales, la " sécurité juridique " des salariés n’a pas cessé de se détériorer. Défense des salariés devant les prud’hommes, recours contre les licenciements collectifs, syndicalistes spécialisés dans l’action juridique et judiciaire, stages de formation juridique..., sont des moyens de plus en plus utilisés. En effet, depuis le début du siècle, les dirigeants syndicaux et les militants ont compris que le droit pouvait être une ressource pour transformer les relations sociales, accroître la protection des salariés ou imposer de nouvelles normes. Ainsi, le droit du travail a été progressivement construit par les représentants des salariés, suite aux luttes sociales, dans des conjonctures favorables aux salariés - années 1900, après-1936, après-1945, après-Mai 68. Que se passe-t-il lorsque le droit devient l’arme du faible et apparaît comme la seule forme de contre-offensive possible face à la dérégulation et à la remise en cause de la protection des salariés ? Le droit ne conduit-il pas aussi à individualiser les conflits sociaux et à renforcer la délégation à des spécialistes au sein des organisations syndicales ?
x 11 17,5 61 p. Ordre monétaire ou chaos social ?
La BCE et la révolution néolibérale
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Lebaron Frédéric essai économie, libéralisme 2006 15/09/06 9782914968188 du Croquant Savoir/Agir Politique et société -économie 8,00 € 8.00 présent à Plume(s)
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Placés symboliquement à l’écart de l’espace public, rendus invisibles par leur extraterritorialité vis-à-vis des champs politiques nationaux, les membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne n’en sont pas moins aux avant-postes d’une véritable entreprise politique et économique. Au nom de la stabilité interne et externe de la monnaie, ils sont les garants tatillons de la " modération salariale ", attentifs aux moindres signes de " dérapage inflationniste " venus du monde du travail. Si le plein-emploi ne fait pas partie de leur mission constitutionnelle, ils ne sont pourtant pas indifférents à la situation des salariés : la BCE anime aujourd’hui, sous le nom de " réforme structurelle ", une entreprise de précarisation généralisée susceptible, selon elle, de rétablir un fonctionnement correct du marché du travail. Obsédée par les effets " désincitatifs " de la fiscalité sur l’emploi, la BCE prône, plus largement, l’abandon rapide de l’État social au profit d’une adaptation aux lois de la mondialisation financière. Cet ouvrage, qui s’appuie sur une sociologie des acteurs de la politique monétaire, propose de placer la BCE au centre des enjeux des politiques néo-libérales et de leurs alternatives en Europe.
x 14 20,5 123 p. Ne pas perdre sa vie à la gagner
Pour un revenu de citoyenneté
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Mylondo Baptiste essai société, travail 2010 25/11/10 9782914968836 du Croquant Politique et société 12,00 € 12.00 épuisé
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Le culte imbécile du turbin n’a que trop duré, il faut l’abolir ! La tâche est rude alors que la réhabilitation de la " valeur travail " est au coeur des projets politiques de tous bords. Mais oublions la réhabilitation, c’est bien dans l’abolition qu’est le remède. Car notre société est malade du travail. Sans travail, pas de chômage ! C’est bien le poids écrasant du travail et la place exorbitante qu’il occupe aujourd’hui qui rendent son absence si pénible aux chômeurs. La " révolution laborieuse " a progressivement fait du travail un devoir. Un devoir religieux d’abord, destiné à lutter contre l’oisiveté mère de tous les vices. Un devoir civique ensuite, entérinant le " contrat social " capitaliste et son objectif d’accumulation de richesses sans fin ni finalité. La "valeur travail " n’est que l’expression de ce devoir inepte qu’il nous faut abolir. Au-delà de tout choix de société et de toute orientation politique, chaque individu doit pouvoir décider librement de la place qu’il entend accorder au travail dans son existence. Dans cette optique, la création d’un revenu de citoyenneté, qui répond à un idéal de justice sociale, prend tout son sens.
x 14,5 22 564 p. Les 72 immortelles
la fraternité sans rivages
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Chérasse Jean histoire Commune de Paris 2018 05/04/18 9782365121583 du Croquant Politique et société -histoire 24,00 € 24.00 manquant sans date, mais encore disponible à Plume(s)
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Un éphéméride du grand rêve fracassé des Communeux

Née dans la fête, noyée dans le sang, la Commune de Paris a surgi telle une fleur du cerisier de Jean-Baptiste Clément, à la fin d’un hiver effroyable rendu difficilement supportable par les rigueurs d’un siège, mais elle reste, par sa brève fulgurance, une parenthèse extraordinaire de l’histoire de France. Or cette brûlure de la société française n’est effective que le 26 mars 1871, le jour de sa proclamation officielle à l’Hôtel de Ville, mais on peut raisonnablement dire qu’elle existe en filigrane depuis plusieurs mois et que son éclosion, l’affaire des canons de la butte Montmartre le 18 mars, n’est en réalité que la dernière péripétie de la marche lente et inéluctable du peuple de Paris vers son émancipation...

Après avoir subi pendant plus de vingt ans le joug d’un Empire qui était l’alliance du Château, de l’Usine et de la Banque, avec la bénédiction de l’Evêché, et les désastres d’une guerre absurde conduisant à la pitoyable invasion du territoire, la foule parisienne avait imposé le retour de la République mais, comme par le passé ce changement avait été immédiatement récupéré par la bourgeoisie substituant aux autorités impériales et à sa camarilla, un gouvernement dit "de défense nationale" qui va atermoyer car il a considéré que le danger prussien était bien moins inquiétant qu’un soulèvement populaire.

Un orage historique va donc se produire, et il sera violent. C’est cette histoire, qui dura 72 jours, que l’auteur raconte dans ce livre.

x 14 20,5 180 p. Les gilets jaunes
Documents et textes
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Farbiaz Patrick enquête gilets jaunes 2019 24/01/19 9782365122078 du Croquant Politique et société 12,00 € 12.00 présent à Plume(s)
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Les Gilets Jaunes ! Un symbole de ralliement, d’abord destiné à protester contre la taxe des carburants, s’est transformé en mouvement inédit de contestation d’un gouvernement et du président de la République. Un bouillonnement d’actions de désobéissance civile, d’expériences de démocraties directes, et de propositions pour en finir avec la misère, la précarité et le mépris de classe d’une oligarchie déconnectée.

Né sur les parkings, les péages, les villages, les villes moyennes, ce mouvement a rendu visible et audible une France des "perdants" de la mondialisation, celle des travailleurs pauvres, des retraités, des mères de familles monoparentales. La libération de la parole a produit une pensée originale et digne, celle de nouveaux sans culottes, qui aura sa traduction politique dans les prochaines années : la finalité de ce livre n’est pas de proposer une analyse fondée sur une enquête de longue durée mais d’en fixer la mémoire, principalement à travers la reprise de textes d’origines diverses.

Pétitions, appels, cahiers de doléances, chansons, témoignages spontanés, articles et autres documents issus des Gilets Jaunes sont ainsi rassemblés et présentés. Ils témoignent de cette insurrection citoyenne, mais aussi de la richesse et de la profondeur d’un mouvement qui, quelle qu’en soit son issue, s’inscrit déjà dans la mémoire collective du combat séculaire pour l’émancipation.

x 14 20,5 104 p. Bréviaire de l’enseignant
éthique, science et pratique professionnelle
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Pereira Irène guide éducation 2018 06/09/18 9782365121729 du Croquant Politique et société -école 12,00 € 12 présent à Plume(s)
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La nomination d’un conseil scientifique de l’Éducation nationale en 2018 fournit une occasion de s’interroger sur les rapports entre science et éthique professionnelle. En effet, il n’est plus possible de penser l’éthique professionnelle, en particulier enseignante, sans tenir compte de l’histoire du XXe siècle : celle des régimes autoritaires et des massacres de masse qui se sont appuyés sur les progrès des sciences et des techniques. Cela conduit à réinterroger à de nouveaux frais : quelle éthique peuvent se donner les enseignants ? Quelle doit être la finalité de leur action ? Qu’est-ce qu’une éducation à la citoyenneté ? L’histoire des régimes autoritaires et des massacres de masse nous questionne sur la place que l’éducation a pu prendre dans ces phénomènes. Les expériences du docteur Josef Mengele nous interroge sur l’éthique des professionnels vis-à-vis de la science. Les études sur la soumission à l’autorité ou le conformisme de groupe ont questionné la continuité avec les situations sociales quotidiennes en particulier professionnelles. Les dystopies éducatives — l’expérience de la « troisième vague » ou encore des « yeux bleus/marrons » — ont tenté de montrer comme il est possible de reproduire les mécanismes d’émergence des totalitarismes dans une salle de classe. Tout cela doit nous conduire à penser ce qu’est une éthique enseignante et une éducation qui favorisent la conscience critique et les capacités de résistance à l’oppression.
x 14 20,5 310 p. Anthologie internationale de pédagogie critique T Pereira Irène doc pédagogie 2019 07/03/19 9782365122047 du Croquant Politique et société -école 20,00 € 20 présent à Plume(s)
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L’anthologie internationale de pédagogie critique est le premier ouvrage en langue française à offrir un panorama international sur la manière dont les recherches philosophiques du pédagogue brésilien Paulo Freire ont été transférées dans différents contextes et pays. Si la réception de Paulo Freire reste très méconnue en France, son ouvrage pédagogie des opprimés est pourtant le troisième le plus cité au monde dans le domaine des sciences sociales et humaines. Il a été traduit dans plus d’une vingtaine de langues. Cette anthologie fait appel à des contributrices et contributeurs reconnus dans leur pays pour la continuation qu’elles et ils apportent à la pédagogie freirienne. Ces apports peuvent toucher la pédagogie inclusive, anti-raciste, féministe, de l’égalité, décoloniale... Chacune montre comment en fonction des contextes socio-culturels des philosophes de l’éduca- tion et des pédagogues ont su reprendre la visée de Paulo Freire de lutter pour la justice sociale en éducation à travers une pédagogie qui s’oppose aux discriminations et qui fasse prendre conscience des rapports sociaux de pouvoir qui structurent la société. Le spectre géographique couvert par l’ouvrage comprend l’Amérique du Sud, du Nord et l’Europe. Il montre la richesse de la réception dans les pays de langue portugaise, anglaise et espagnol. Il essaie de mettre en valeur également les rares contributions qui ont pu être effectuées en langue française.
x 16 13 240 p. La rue était noire de jaune
500 slogans, tags, affiches, pancartes, dessins, photos, banderoles...
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doc gilets jaunes novembre 2019 14/11/19 9782365122313 du Croquant Politique et société 8,90 € 8.9 présent à Plume(s)
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Longtemps c’était la vie sous un couvercle de plomb. Mais sous le lourd manteau des routines, la colère courait en vagues souterraines. On n’entendait à peine ses brisures sur les falaises sans fin du monde de l’officialité. Tout juste ce frisson parfois à la surface des choses. Et de temps à autres les médias domestiques évoquaient la « grogne » des animaux sociaux. Qu’ils étaient nuls et impuissants à rendre leur cause aussi fraîche et pimpante qu’une giclée de peur des musulmans, des impôts qui font fuir, ou des arnaques à la sécurité sociale. Ces salauds de pauvres, enfin appelés par leur nom de gens de « rien » selon le Président en personne, pouvaient bien mourir plus nombreux dans la rue que les ouvriers à leur poste de travail. Fallait-il pour autant engager la compétition des souffrances avec les gosses qui naissent sans bras ou les guyanais qui boivent du mercure dans la rivière ? Tous ont donc préféré de longue main la méditation sur la course au trois pour cent maximum de déficit public comme bon sandwich pour nourrir l’appétit des zombies qui les écoutent d’habitude. Soudain la terre a tremblé. Une terrible déchirure a partagé le sol ferme. Une lave brûlante a jailli. Voici pendant dix neuf semaines sans pause « Jojo le gilet jaune » à égalité avec les ministres et les députés. Et même avec les journalistes ! « Vous n’êtes pas un vrai gilet jaune » glapit une star des people-tronc de la télé. Celui-là trouvait son interlocuteur trop intelligent pour être du peuple. « Vous n’êtes pas un vrai journaliste » réplique sans hésiter le supposé pithécanthrope. Ah belles gens que vous avez peur ! Elle vous affole « la foule haineuse » dénoncée par le président-enfant-roi pour ses voeux de robot en quasi panne de batterie. Grossiers personnages que le volcan a craché dans vos jardins à la française. Quoi ! Repeinte par vos soins en antisémite, homophobe, violente et pillarde, « la grogne » se moqua comme d’une guigne de vos rayons paralysants traditionnels. Rien n’y fit. Rien n’y fait. Ces hordes continuent à défiler dans vos quartiers. Parfois un de vos restaurants prend feu dans les tirs croisés de grenades et de fumigènes. Abomination ! « Qu’est devenue la France ? » pleurez-vous dans vos mouchoirs en soie, en vous tordant les mains de désespoir ! Chaque jour où les rustres tiennent la rue vous humilie. Comme celui où l’ONU classa notre pays entre Haïti et le Venezuela pour ce qui est du respect des opposants. « Nooooon, pas le Venezuela ! » Vous hurlez de douleur ! Vous avez tant insulté le Venezuela. Vous y voici assimilés ! Quelle délicieuse humiliation vous est infligée. Comme un de ces coups de fouets sur les opposants que donnent vos amis d’Arabie saoudite. Quelle énorme farce quand ce journaliste dénonce sur un plateau de télé mes manigances avec l’ONU et le Venezuela pour obtenir de Michèle Bachelet la condamnation de la France pour ses méthodes de répression sauvage. L’info de ce déshonneur cingle comme de l’eau froide sur des pierres chaudes. Hurlements des premiers rangs ! BHL propose l’invasion de l’ONU. Ou d’un autre pays arabe, à titre de compensation. Pourtant, rien n’y fait ! Tout le monde s’en fout ! L’autorité de tout le clergé macroniste est égale à zéro ! Les importants se montent le bourrichon entre eux, sans aucune conséquence sur la troupe. La masse. Le grand nombre des « gens qui ne sont rien ». Tout le monde s’en fout, seigneurs et gentes dames de la haute. De vous, de vos leçons de morale, de vos indignations à géométrie variable. Vos éborgneurs, mutilateurs et juges à la chaîne meurtrissent dans le tas chaque semaine. En vain. Castaner et Belloubet sont devenus les bottes ferrées haïes des deux mille blessés, vingt-deux éborgnés, cinq amputés et les familles des douze morts de ces événements. Mais ils ne réussissent même pas à imposer la peur. Grand débat gros bla bla rien n’y fait ! Macron, parle à mon gilet jaune, mes oreilles sont bouchées. Ecoute, à certaines heures le samedi, ce bruit terrible qui vient du cratère ! La terre s’est ouverte. Des lèvres de sa fracture montent des mots en grappe, comme des fumées venues de l’enfer des pauvres. C’est le rugissement du peuple ! Les mots volent à tire d’ailes de tous côtés. Leur vibration froisse l’air glacé du royaume de l’égoïsme. Semaine après semaine tout un discours, long et charpenté s’est déployé en suivant ces chemins improbables. Le voici formulé sur le dos des gilets jaunes, sur les affiches improvisées, sur les murs nus, au sol et dans les chansons. Je crois que c’est une première absolue. Ce livre y fait écho. Quand et où, avant cela, a-t-on dit autant de choses ? Et de cette manière. Tout est nouveau dans cette insurrection. C’est d’abord cet acteur de l’histoire qu’aucune définition n’avait prévu. Ni prolétaire des usines, ni syndicaliste connu, ni camp politique bien découpé. Juste « le peuple », celui qui a besoin pour survivre de ces réseaux collectifs que l’on retire de sous ses pas dans ces zones vidées de services, vidées de voisinage. Voici le visage blême des abandonnés à l’amertume d’un quotidien sans horizon ni humanité. Ces exilés de l’intérieur, en pleine ville ou au milieu des « zones pavillonnaires », sur le palier de cet immeuble ou sous le porche de cet autre. Une France qui a faim. Qui ne se soigne pas. Qui ne sort jamais pour rien d’autre que le boulot rare et précaire ou les trajets millimétrés par la pompe à essence. Soyez maudits grands de la terre ! Un samedi après l’autre sans limite, sans calendrier, les canuts sont de retour. « Notre règne arrivera quand votre règne finira  ». Un point c’est tout et d’ici là on ne lâche rien. Monstrueuse indifférence au temps. Le mouvement est son propre principal message. Alors, l’insurrection citoyenne est un moment de poésie politique. C’est-à-dire un surgissement, une création. Les strophes sont dans les cris, les slogans et les messages en papier en peintures, en graph, en chansons impertinentes (« Benalla, Benalla, et même si vous ne voulez pas y a Benalla ») ou crânement grossières (« Emmanuel Macron, oh tête de con... »). Tous brisent les murs, les interdits, les convenances, les résignations. Et ce chemin se fait en cheminant.
Jean-Luc Mélenchon