Livres de l'éditeur Grasset & Fasquelle - Librairie Plume(s)
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Grasset & Fasquelle


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x 14 20,5 361 p. L’Etat contre les juifs
Vichy, les nazis et la persécution antisémite (1940-1944)
T
Joly Laurent histoire 39-45, persécution, juifs 2018 26/09/18 9782246862994 Grasset & Fasquelle Essais Francais Politique et société -histoire 20,90 € 20.90 présent à Plume(s)
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Sur Vichy et la Shoah, on pensait tout savoir. Ce livre démontre qu’il reste encore beaucoup à découvrir. Répondant à une série de questions clés, Laurent Joly renouvelle profondément l’histoire de la persécution des juifs sous l’Occupation et balaie bien des idées reçues. Pourquoi, dès l’été 1940, le régime du maréchal Pétain a-t-il impulsé une politique antisémite ? Pourquoi a-t-il accepté de contribuer aux déportations massives décidées par les nazis en 1942 et d’assumer pleinement ces opérations, à Paris comme en zone libre ? Dans quelle mesure l’administration a-t-elle collaboré à la politique génocidaire ? S’appuyant sur de nombreuses sources inédites, restituant les marges de manoeuvre des agents (du dirigeant étatique jusqu’au simple gardien de la paix) et les effets concrets de leurs décisions, Laurent Joly écrit une histoire incarnée, au plus près des exécuteurs, des victimes et des témoins.

Le lecteur apprendra ainsi que le statut d’octobre 1940 n’est pas une simple transposition de la tradition antisémite française : Vichy cherche surtout à suivre le modèle nazi. Sur le Vel d’Hiv, il découvrira une histoire qu’on ne lui a jamais racontée : l’opération du point de vue policier. Enfin, il réalisera que l’idée selon laquelle la persécution des juifs a été occultée par la justice de l’épuration mérite d’être fortement nuancée.

Au bout du compte, Laurent Joly montre que si toute la puissance de l’Etat a été mobilisée pour persécuter puis rafler les juifs, les logiques propres à l’appareil étatique, ses objectifs contradictoires, ses pesanteurs et finalement les résistances ont contribué à ce que la majorité des juifs de France, frappés de plein fouet par la persécution, échappent malgré tout à la mort.

x 15,5 24 758 p. Le déshonneur dans la République
Une histoire de l’indignité, 1791-1958
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Simonin Anne France 2008 05/11/08 9782246629917 Grasset & Fasquelle Politique et société 27,30 € 27.30 sur commande ?
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La répression des faits de collaboration est restée dans les mémoires pour l’inégalité et la dureté de ses verdicts. Or, la sanction la plus appliquée à la Libération ne fut pas la peine capitale mais une mort symbolique, la " mort civique " pour crime d’indignité nationale. En concevant ce nouveau crime, les juristes de la Résistance ont rompu avec une logique de guerre civile. Ils ont voulu mettre hors d’état de nuire le " vichyste ", non en lui ôtant la vie ou la liberté, mais en l’enfermant dans un " carcan d’infamie ". Entre la guillotine ou la prison, ils ont opté pour un mode original de répression de l’ennemi public républicain : l’infamie de droit. Au total, c’est 95 000 Françaises et Français qui, convaincus d’indignité nationale, se sont vus déshonorés par la loi pénale et, pour un temps, dégradés au rang de citoyens de seconde classe. Cette sanction d’une exceptionnelle gravité, critiquée pour sa dimension rétroactive, n’est cependant pas neuve : elle a ses racines dans le droit de l’Ancien Régime, et surtout dans la législation révolutionnaire. Si l’indignité, qualifiée de " nationale ", devient le principe avoué de l’ordre public républicain à la Libération, l’indignité est, dès les origines, le socle caché de la morale politique révolutionnaire. L’histoire de cette notion floue, appréhendée ici sur la longue durée et à partir de sources judiciaires inédites, atteste que c’est à l’indignité que la fraternité doit d’être mise en œuvre dans la communauté politique républicaine. Dans cet ouvrage, Anne Simonin mêle l’histoire du droit et la littérature : c’est la voix de ceux qu’indigne l’indignité qu’elle nous donne à entendre, mais aussi la voix des hommes de loi et des citoyens qui, de Robespierre au général de Gaulle, ont cru à une République ayant appris à être sage, et frappant d’indignité celles et ceux qu’elle ne pouvait convaincre d’être fraternels.
x 12 19 128 p. La danse des grand-mères
Sur la jeunesse de l’âge mûr et la maturité de la jeunesse
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Estés Clarissa Pinkola conte femmes 2007 31/10/07 9782246723110 Grasset & Fasquelle Littérature 12,10 € 12.10 sur commande ?
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" Il existe une tradition ancienne qui veut que lorsqu’une fille se marie, les vieilles femmes essaient de tuer le marié avant qu’il ne gagne la chambre nuptiale. Et leur arme, c’est la danse. " Quand les " femmes qui courent avec les loups " atteignent la maturité, vient le temps de " la danse des grand-mères ". Vivre pleinement, développer sa vision intérieure, écouter son intuition, tel est le message de ces aînées que rien n’arrête. Elles sont une source inépuisable de force vitale et nous transmettent inlassablement un trésor de sagesse. A travers les mythes et les métaphores, la psychanalyste et conteuse Clarissa Pinkola Estés développe les thèmes qui ont fait d’elle un auteur de référence dans le monde entier. Sa voix touche le cœur et l’intelligence des femmes de tous âges.
x 12,1 19 324 p. Printemps au parking
suivi de C’est bizarre l’écriture
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Rochefort Christiane roman 1998 16/09/98 9782246160335 Grasset & Fasquelle Littérature -poches 14,90 € 14.9 sur commande ?
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Printemps au parking est le roman de la fugue d’un adolescent, Christophe, livré quelques jours à lui-même dans Paris, le temps de rencontrer des filles, des voyous et surtout un étudiant en chinois, Thomas, qui l’initie à la politique, à l’amour et à un plaisir jusque-là inconnu...

Le portrait de ce jeune anarchiste de coeur déchaîna de telles passions à sa sortie, en 1969, que Christiane Rochefort écrivit dans la foulée C’est bizarre l’écriture, l’histoire de la rédaction de Printemps au parking. Ce récit, composé de faits réels tirés du quotidien de l’auteur, répond aux questions suivantes : D’où vient le livre ? Comment naît-il ? Pourquoi telle phrase, tel mot ? Un document exceptionnel : il est rare que le lecteur soit convié à partager les secrets de fabrication d’un grand écrivain.

x 13 20,5 227 p. L’homme qui était tombé dans une flaque
Récits
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Sarna Igal témoignage Israël 2008 28/08/08 9782246561217 Grasset & Fasquelle International -Moyen Orient 17,85 € 17.85 présent à Plume(s)
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Les témoignages réunis ici par Igal Sarna sont à la fois étonnants et poignants, ils représentent ce que l’on pourrait appeler " le revers de la médaille " , cette autre réalité souvent cachée ou inavouée d’un pays marqué par les guerres, les vagues successives d’immigration, le souvenir de la shoah et les difficultés quotidiennes.

Igal Sarna, malgré son incontestable talent d’écrivain, ne cherche pas à romancer la réalité. Il accumule les faits, remontant souvent assez loin dans le passé pour mieux cerner des destinées individuelles. Des vies entières sont ainsi retracées de façon presque chaotique, en accéléré, en condensé, et c’est toute la fragilité de notre condition humaine : l’existence dans ce que son déroulement peut avoir d’absurde, de non maîtrisé, d’inattendu qui est mis en lumière.

Au fil des l’on mesure ce que le titre suggère avec une trompeuse légèreté. " Il faisait nuit. J’ai sauté du train et je me suis étalé de tout mon long dans une flaque d’eau glacée. Je ne voulais plus me relever. Cela m’était égal. Je me sentais libre. J’étais devenu sable, étoile, pierre, eau, poisson. je ne savais plus qui j’étais, ni comment ni pourquoi. J’éprouvai un bonheur absolu qui me marquerait pour toujours.

" Ces remarquables récits apportent un regard bouleversant et sans concession sur la société israélienne.

Igal Sarna est né à Tel-Aviv en 1952. Ecrivain, il est aussi l’un des grands journalistes de son pays et l’un des fondateurs du mouvement "Paix tout de suite", où il était responsable des rapports avec les Palestiniens.

x 13 20,5 179 p. La civilisation du poisson rouge
Petit traité sur le marché de l’attention
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Patino Bruno essai 2019 10/04/19 9782246819295 Grasset & Fasquelle Politique et société 17,00 € 17.00 sur commande ?
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« Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d’attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés : 9 secondes. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés.

Une étude du Journal of Social and Clinical Psychology évalue à 30 minutes le temps maximum d’exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d’Internet au-delà duquel apparaît une menace pour la santé mentale. D’après cette étude, mon cas est désespéré, tant ma pratique quotidienne est celle d’une dépendance aux signaux qui encombrent l’écran de mon téléphone. Nous sommes tous sur le chemin de l’addiction : enfants, jeunes, adultes.

Pour ceux qui ont cru à l’utopie numérique, dont je fais partie, le temps des regrets est arrivé. Ainsi de Tim Berners Lee, « l’inventeur » du web, qui essaie de désormais de créer un contre-Internet pour annihiler sa création première. L’utopie, pourtant, était belle, qui rassemblait, en une communion identique, adeptes de Teilhard de Chardin ou libertaires californiens sous acide.

La servitude numérique est le modèle qu’ont construit les nouveaux empires, sans l’avoir prévu, mais avec une détermination implacable. Au cœur du réacteur, nul déterminisme technologique, mais un projet qui traduit la mutation d’un nouveau capitaliste : l’économie de l’attention. Il s’agit d’augmenter la productivité du temps pour en extraire encore plus de valeur. Après avoir réduit l’espace, il s’agit d’étendre le temps tout en le comprimant, et de créer un instantané infini. L’accélération générale a remplacé l’habitude par l’attention, et la satisfaction par l’addiction. Et les algorithmes sont aujourd’hui les machines-outils de cette économie…

Cette économie de l’attention détruit, peu à peu, nos repères. Notre rapport aux médias, à l’espace public, au savoir, à la vérité, à l’information, rien n’échappe à l’économie de l’attention qui préfère les réflexes à la réflexion et les passions à la raison. Les lumières philosophiques s’éteignent au profit des signaux numériques. Le marché de l’attention, c’est la société de la fatigue.

Les regrets, toutefois, ne servent à rien. Le temps du combat est arrivé, non pas pour rejeter la civilisation numérique, mais pour en transformer la nature économique et en faire un projet qui abandonne le cauchemar transhumaniste pour retrouver l’idéal humain… »

B. P.

Lire un extrait

x 13 20,5 252 p. L’avenir des simples
Petit traité de résistance
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Rouaud Jean mars 2020 04/03/20 9782246821946 Grasset & Fasquelle Littérature Française Politique et société -alternatives 19,00 € 19.00 présent à Plume(s)
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"On a bien compris que l’objectif des "multi-monstres" (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels.

Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des "multi-monstres" , utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : "votre appareil ne nous intéresse pas" , graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro-écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme.

Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, "c’est un éternel Treblinka".

J.R.

x 13 20,5 186 p. Une seconde vie
Ni sagesse ni vieillesse
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Jullien François essai philosophie 2017 18/01/17 9782246863397 Grasset & Fasquelle Folio Essais Politique et société -philosophie 18,00 € 18.00 sur commande ?
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"Quand on avance dans la vie, il est une question qu’on ne peut plus, peu à peu, ne pas se poser : pourquoi est-ce que je continue de vivre ? Cette question, on peut la maintenir au niveau bas du développement personnel, affublé en "sagesse", et du marché du bonheur. Ou bien l’affronter philosophiquement pour y chercher une issue plus ambitieuse qui soit la promotion d’une "seconde" vie. Une seconde vie est une vie qui, du cours même de la vie, se décale lentement d’elle-même et commence de se choisir et de se réformer.

Pour y accéder, il faudra penser ce que sont des vérités, non pas démontrées, mais décantées à partir de la vie même ; ou comment, de l’expérience accumulée, on peut à nouveau essayer ; ou comment la lucidité est ce savoir négatif (de l’effectif) qui nous vient malgré nous, mais qu’on peut assumer ; ou comment la vie peut ouvrir, non sur une conversion, mais sur une vie dégagée. Ou comment un second amour, fondé, non plus sur la possession, mais sur l’infini de l’intime, peut débuter.

Puis-je, non plus répéter ma vie, mais la reprendre, et commencer véritablement d’exister ?".

x 15,5 24 594 p. Qui écrira notre histoire ?
Les archives secrètes du ghetto de Varsovie
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Kassow Samuel D. essai Pologne 2011 28/09/11 9782246746911 Grasset & Fasquelle Politique et société -histoire 25,00 € 25.00 sur commande ?
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En octobre 1939, Emmanuel Ringelblum, historien de formation, avait entrepris de rassembler systématiquement les documents touchant le sort des Juifs de Pologne et consitua autour de lui un groupe de bénévoles pour qui l’injonction à sa souvenir (Zokhar) était une forme élémentaire de résistance et qui se donna pour nom de code "Oyneg Shabes" : "Joie du sabbat", en hébreu.Si Ringelblum et sa famille périrent en mars 1944, comme la majorité des quelque soixante membres de ce réseau — historiens, sociologues, économistes, éducateurs, écrivains, poètes, en sorte qu’aucun domaine de la vie ne soit ignoré —, le groupe réussit à travailler d’arrache-pied jusqu’au printemps 1943, pour écrire la chronique de la disparition de la communauté yiddish.

Sentant l’imminence d’une fin proche, les archivistes réussirent à cacher des milliers de documents dans des bidons de lait ou des boîtes en fer-blanc avant de les enterrer.Servi par un talent de conteur qui n’est pas sans rappeler celui des Disparus, cet ouvrage est sans conteste un des livres les plus importants sur la Shoah à côté de ceux de Hilberg et de Friedländer. Car au-delà de l’histoire magistrale d’une famille, d’un historien et d’un groupe, au-delà d’un tableau de la culture yiddish et de son inscription dans la culture polonaise et russe de l’époque, c’est véritablement l’histoire de l’Holocauste vécue par ses victimes contemporaines qu’offre ce livre.

x 13 20,5 366 p. L’ensauvagement
Le retour de la barbarie au XXIe siècle
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Delpech Thérèse essai 2005 12/10/05 9782246677413 Grasset & Fasquelle Essais Grasset Politique et société 24,90 € 24.9 sur commande ?
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En 1900, les progrès sociaux, les avancées technologiques et une première tentative de limiter les guerres entre les Etats semblaient justifier des pronostics optimistes. Cinq ans plus tard pourtant, la guerre russo-japonaise, la première révolution russe et la crise de Tanger entre la France et l’Allemagne annonçaient la Grande Guerre et ses suites que seuls quelques observateurs perspicaces ont vues venir. Au tournant du XXIe siècle, les craintes se concentraient sur un gigantesque crash informatique. Mais en 2005, la scène internationale a profondément changé. Le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient sont de bons candidats pour de nouvelles catastrophes historiques. La saga nucléaire iranienne, le chantage nord-coréen, la gravité de la question de Taïwan, l’hostilité sino-japonaise montrent que le terrorisme international est loin d’être le seul ou le principal péril du siècle. Pas davantage qu’en 1905 cependant, l’avenir n’est aujourd’hui écrit. Certes, l’humanité est à nouveau guettée par l’ensauvagement. Elle peut aussi prévenir la combinaison des moyens de destruction dont elle dispose et des penchants nihilistes issus de la détresse contemporaine. Quelles idées méritent encore que nos sociétés post-héroïques prennent des risques pour les défendre ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage passionnant apporte des éléments de réponse.
x 15,4 24 333 p. Du pithécanthrope au karatéka
La longue marche de l’espèce humaine
T
Van Eersel Patrice essai évolution 2010 19/05/10 9782246531319 Grasset & Fasquelle Divers -sciences 22,40 € 22.40 sur commande ?
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Les mâchoires des enfants du monde entier rétrécissent et les appareils dentaires se multiplient.

Est-ce l’accélération d’un processus évolutif ? Une nouvelle espèce humaine émerge-t-elle ? L’enquête menée ici commence par cette question, posée par Marie-Josèphe Deshayes, tête de file d’une nouvelle école d’orthodontie. Ces faits cliniques semblent prolonger les découvertes d’Anne Dambricourt-Malassé, la paléoanthropologue qui fait scandale. Portée aux nues en 1996 pour sa " nouvelle théorie de l’évolution ", elle est condamnée par ses pairs, entre 1997 et 2005, car elle aurait décelé une " direction " dans l’évolution des mâchoires des primates, sur 60 millions d’années - ce qui, du point de vue darwinien, relève du créationnisme.

Qui a raison, qui a tort ? Le faux débat " Dieu contre Darwin " occulte les vraies questions. Trois scientifiques réputés sont invités à trancher : le paléoanthropologue Yves Coppens, le paléontologue Jean Chaline et l’écologiste Jean-Marie Pelt. Mais la théorie ne suffit pas. Que veut dire " évoluer en humanité " pour chacun de nous ? Ici, les chercheurs interrogés sont des accompagnateurs des évolutions personnelles : la yogi Ysé Tardan-Masquelier, la danseuse Catherine Gaillet, le philosophe Denis Marquet, l’ostéopathe Philippe Petit, le karatéka Albert Palma.

Si l’être humain est par essence inaccompli, comment chacun peut-il entrer dans la danse de l’évolution collective ?

x 15,5 23,5 934 p. Lève-toi et tue le premier
L’histoire secrète des assassinats ciblés commandités par Israël
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Bergman Ronen février 2020 05/02/20 9782246821397 Grasset & Fasquelle Essais Etranger International -Moyen Orient 29,00 € 29.00 présent à Plume(s)
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"Face à celui qui vient te tuer, lève-toi et tue le premier." C’est par cette citation du Talmud que s’ouvre le livre-événement de Ronen Bergman, le premier ouvrage exhaustif sur les programmes d’assassinats ciblés menés par les services du Mossad, du Shin Bet et de l’armée israélienne. Depuis les mois qui ont précédé la création de l’Etat jusqu’aux menaces les plus contemporaines, Israël s’est appuyé sur le renseignement et les opérations secrètes pour préserver sa sécurité en exécutant, sur son sol ou à l’étranger, ses ennemis.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les Israéliens ont ainsi éliminé de manière ciblée plus d’individus que n’importe quel autre pays occidental. Il a fallu plusieurs décennies d’enquête à l’auteur pour réunir ces milliers de documents - dont beaucoup sont encore aujourd’hui classifiés - et pour mener des centaines d’entretiens avec des responsables du Mossad, des anciens Premiers Ministres israéliens, ou encore des membres de commandos parfois célèbres, remontant ainsi toute la chaîne depuis les agents exécutants jusqu’aux plus hautes sphères politiques.

Bergman nous fait revivre les grands succès de ces opérations secrètes, certains échecs également, et écrit ainsi une histoire parallèle de l’État hébreu. Une histoire de l’ombre dont on comprend dès les premières pages qu’elle est ancrée dans l’ADN de la nation israélienne. Il s’agit d’un projet extrêmement ambitieux mais aussi d’un fabuleux page-turner qui se dévore, chapitre après chapitre, à l’instar des meilleures séries télévisées.

Et pourtant nous ne sommes pas du côté de la fiction, Bergman nous raconte un monde secret mais bien réel qui continue, encore aujourd’hui, de modeler le Moyen-Orient et les relations internationales.

x 14 22,5 612 p. Le crépuscule d’une idole
L’affabulation freudienne
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Onfray Michel essai psychanalyse 2010 21/04/10 9782246769316 Grasset & Fasquelle Politique et société -philosophie 22,40 € 22.40 sur commande ?
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Il existe plusieurs Michel Onfray : celui du Journal Hédoniste, celui de la Contre-Histoire de la philosophie, celui des essais : Sculpture de soi, Politique du rebelle, Théorie des corps amoureux. Mais celui qui signe ce livre imposant et important s’apparente, sans conteste, à l’auteur du Traité d’Athéologie.

Michel Onfray, cohérent avec lui-même, s’en prend ici à une religion qui, bien plus que les monothéismes qu’il pourfendait dans son Traité d’athéologie, semble avoir encore de beaux jours devant elle. Cette religion, c’est la psychanalyse - et, plus particulièrement, le freudisme.

Son idée est simple, radicale, brutale : Freud a voulu bâtir une " science ", et il n’y est pas parvenu. Il a voulu " prouver " que l’inconscient avait ses lois, sa logique intrinsèque, ses protocoles expérimentaux - mais, hélas, il a un peu (beaucoup ?) menti pour se parer des emblèmes de la scientificité. Cela méritait bien une contre-expertise. Tel est l’objet de ce travail.

Avec rigueur, avec une patience d’archiviste, Michel Onfray a donc repris, depuis le début, les textes sacrés de cette nouvelle église. Et, sans redouter l’opprobre qu’il suscitera, les confronte aux témoignages, aux contradictions, aux correspondances. A l’arrivée, le bilan est terrible : la psychanalyse, selon Onfray, ne serait qu’une dépendance de la psychologie, de la littérature, de la philosophie - mais, en aucun cas, la science " dure " à laquelle aspirait son fondateur.

On sera, devant une telle somme, un peu médusé : Freud n’en ressort pas à son avantage. Et encore moins sa postérité - qui aura beau jeu de prétendre que si Michel Onfray conteste si violemment la religiosité en vogue chez les archéologues de l’inconscient, ce serait précisément parce qu’il craindrait de contempler le sien. Une " ouverture " biographique, semblable à celle qui précède chacun de ces essais, devance cette objection en racontant comment et pourquoi Michel Onfray a découvert - en vain - cette " science de l’âme " qui n’en est pas une.

x 13 20,5 293 p. L’homme aux statues
Freud et la faute cachée du père
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Balmary Marie essai psychologie 1997 18/04/97 9782246075127 Grasset & Fasquelle Politique et société -philosophie 16,80 € 16.80 sur commande ?
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« Rébecca, ôte ta robe, tu n’es plus mariée ! » Cette allusion à une anecdote juive ponctue, en 1897, l’abandon par Freud de sa première théorie des névroses, la théorie de la séduction.

C’est l’année de la mort de son père Jakob Freud. Bientôt surgira une nouvelle hypothèse, le complexe d’Œdipe, renvoyant le névrosé à ses désirs coupables et garantissant que le père, à l’heure du jugement, ne saurait être châtié comme séducteur.

Qui est Rébecca ? Dans la Bible, la mère de Jacob.

Dans le roman familial, une mystérieuse seconde épouse de Jakob Freud, disparue et dont l’existence demeurera cachée.

Ce drame, Freud le rejouera en collectionnant les statues, comme Don Juan les femmes, allant jusqu’à les convier à sa table comme autant de Commandeurs... Mais en se tournant vers le mythe grec plutôt que vers la transmission biblique de la faute, Freud a-t-il véritablement innocenté le père ?

Le destin d’OEdipe et la malédiction des Labdacides sont clairement liés, chez les Tragiques, au forfait de Laïos, père d’OEdipe.

Et la langue grecque permet de renvoyer le symbolique qui réunit au diabolique qui sépare, le sumptoma du malheur au diaptoma de la faute.

Malgré Freud, l’éthique de la psychanalyse peut mener, au lieu d’enfouir la faute, à la porter au jour : Tout ce qui est manifesté est lumière.

Cette hypothèse de l’Homme aux statues, publiée pour la première fois en 1979, a trouvé confirmation dans l’étrange Bible - retrouvée en 1986 - que Jakob Freud donna à son fils avant de mourir ; une Bible coupée et recomposée où Jakob Freud a pu cacher l’aveu de sa vie ; une énigme devenue clé pour Marie Balmary dans cette nouvelle édition.

x 14 22,5 326 p. L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine
Et autres questions de philosophie morale expérimentale
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Ogien Ruwen essai philosophie 2011 14/09/11 9782246750017 Grasset & Fasquelle Politique et société -philosophie 22,40 € 22.4 sur commande ?
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Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n’a envie d’utiliser, de tramways fous qu’il faut arrêter par n’importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.Vous y lirez des récits d’expériences montrant qu’il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d’autres expériences prouvant qu’il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu’on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu’on respire en passant.Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux.

Est-il cohérent de dire : "ma vie est digne d’être vécue, mais j’aurais préféré de ne pas naître" ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d’un poulet d’élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?

Cependant, le but de ce livre n’est pas de montrer qu’il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste.
Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots ("Dignité", "Vertu", "Devoir", etc.), et les grandes déclarations de principe ("Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen", etc.).C’est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l’éthique librement.

x 14 21 384 p. Silence, on cogne
enquête sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers
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Bernard Alizé et Boutboul Sophie enquête violences conjugales novembre 2019 20/11/19 9782246818816 Grasset & Fasquelle Documents Français Politique et société 22,00 € 22.00 présent à Plume(s)
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Alizé Bernard a été victime de violences conjugales. Si elle savait les difficultés qu’ont les femmes à parler et à se faire entendre, elle n’imaginait pas combien le statut de son conjoint rendrait son combat pour s’en sortir plus difficile encore. Car ce dernier était gendarme. Or comment faire quand celui qui vous bat se sert de son statut, représentant de l’ordre, de sa place dans l’institution policière, de sa connaissance des procédures et des liens supposés de solidarité avec ses collègues, pour vous intimider, vous dissuader de vous défendre et faire valoir vos droits ? A Sophie Boutboul, journaliste travaillant sur les violences faites aux femmes, elle a accepté de raconter son histoire ; les mois de silence, isolée en caserne, persuadée que nul n’accepterait de la croire, la peur démultipliée devant un homme incarnant la loi et disposant d’une arme de service, puis les années de luttes, seule, pour faire valoir ses droits malgré les obstacles qu’elle dénonce  ; les tentatives de dissuasion de certains gendarmes, les procédures non respectées, l’absence de sanction hiérarchique, l’indulgence de certains juges. L’impression de se battre contre un système.

Au récit de son combat étape par étape, répond, en alternance, l’enquête qu’a menée Sophie Boutboul. Car le cas d’Alizé n’est pas isolé. Chaque année, des femmes meurent sous les coups et les balles de leur conjoint policier ou gendarme. Pendant un an et demi, elle a sillonné le pays pour recueillir le témoignage de femmes ayant connu le même chemin de croix  : les tentatives de dissuasion, les menaces, les procédures caduques, la protection, voire l’impunité, dont certains ont joui du fait de leur statut. Pour en comprendre les raisons, elle a rencontré des avocats, juges, magistrats, les membres d’associations aidant des femmes dans le même cas, les familles des victimes, mais aussi des policiers et des gendarmes reconnaissant les conséquences de leur métier sur leur vie personnelle et l’absence de mesures pour les prévenir, et les hauts placés de l’IGPN et de l’IGGN, les instances d’inspection de la police et de la gendarmerie. Elle expose les failles d’un système qui ne pense pas la place des femmes auprès d’hommes exposés à la violence et les risques que cela implique. C’est un texte engagé qu’Alizé Bernard et Sophie Boutboul signent là. Pour permettre aux femmes victimes de telles violences de savoir qu’elles ne sont pas seules. Ouvrir le débat et proposer des pistes de réflexion, des solutions, pour protéger les victimes de ces violences particulières.

x 14 22,5 282 p. Extension du domaine de la manipulation
De l’entreprise à la vie privée
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Marzano Michela essai société 2008 08/10/08 9782246733713 Grasset & Fasquelle Politique et société -philosophie 18,80 € 18.80 sur commande ?
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L’épanouissement personnel par le travail est-il le nouveau mot d’ordre de notre époque ? A l’heure de " l’entreprise à visage humain ", du coaching et des chartes d’éthique, jamais pourtant l’angoisse n’a été aussi forte dans le monde de l’économie.

Jamais les suicides n’ont été aussi nombreux au sein de l’entreprise. N’y aurait-il pas une perversité à s’appuyer sur le couple bonheur et labeur ? Les cadres d’aujourd’hui ne seraient-ils pas les victimes consentantes d’une nouvelle forme de violence ? Les " leaders " ne sont-ils pas écartelés entre des injonctions contradictoires ? Performance et épanouissement, engagement et flexibilité, autonomie et conformité...

Michela Marzano, en philosophe autant qu’en polémiste, jette un éclairage inédit sur cette nouvelle forme d’aliénation contemporaine : l’extension du domaine de la manipulation, de l’entreprise à la vie privée.

x 14 22,5 468 p. Les consciences réfractaires
Contre-histoire de la philosophie - Tome 9
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Onfray Michel essai philosophie 2013 16/01/13 9782246802709 Grasset & Fasquelle Politique et société -philosophie 21,90 € 21.90 prochainement à Plume(s) ?
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Le XXe siècle fut pour les intellectuels celui des fascismes rouge et brun qui ont laissé peu de penseurs indemnes... Nombre de philosophes ont mis leur intelligence au service des deux barbaries. Toutefois, il y eut des consciences réfractaires à ce renoncement à la raison. Alors que le PCF souscrit au Pacte germano-soviétique (23 août 1939-22 juin 1941) et fait de la politique de collaboration avec l’occupant allemand une priorité décidée par Moscou, Georges Politzer, juif et communiste, inaugure la résistance intellectuelle dès 1939, puis la résistance en armes, avant de mourir en 1941 sous les balles d’un peloton d’exécution.

Contre Bergson qu’il range du côté des bellicistes et de l’occupant, il célèbre un certain Descartes inaugurant la philosophie des Lumières achevée par Marx et le marxisme. Nizan, lui aussi communiste, rechigne au Pacte : il le comprend pour l’URSS qui défend sa survie, mais pas pour le PCF... Marxiste secrètement déçu par l’Union soviétique, Nizan demande à Epicure ce que Marx, le marxisme et la Russie bolchevique ne lui donnent pas : des raisons de vivre en sachant qu’il nous faudra mourir...

Camus, pour sa part, fut communiste le temps que dura le combat du Parti pour la décolonisation ; quand le PCF obéit à Moscou qui décrète nul et non avenu le combat pour la décolonisation afin de mettre en avant le combat antifasciste, en 1937, il quitte le Parti qu’il avait rejoint à l’été 1935. Il s’oppose aux totalitarismes brun et rouge au nom d’un socialisme libertaire étouffé et ridiculisé par la critique sartrienne qui ne connaît du socialisme que sa version césarienne et barbelée.

Simone de Beauvoir, et son compagnon Jean-Paul Sartre, ont construit une légende aux antipodes de leur vécu pendant la guerre : on ne trouve aucune trace de leur résistance partout proclamée, on dispose en revanche d’accablantes preuves du contraire... Beauvoir passe à côté de la Résistance - mais aussi du féminisme qu’elle critique dans Le deuxième sexe. Finalement, le féminisme fera ce livre plus qu’il n’aura été fait par lui.

Le PCF se déchaînera contre cet ouvrage qui, réfractaire en ce sens, déconstruit la domination masculine...

x 15,5 23 472 p. Quand la gauche a du courage
Chroniques résolument progressistes et républicaines
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Fourest Caroline essai 2012 31/10/12 9782246802723 Grasset & Fasquelle Politique et société 28,40 € 28.40 sur commande ?
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Peut-on être de gauche, progressiste et même utopiste, sans avoir à choisir entre la lucidité et l’ambition, face aux crises que nous traversons ? Dans notre monde en ébullition, tous les choix ne se valent pas. Intégrismes, racismes, blasphème, laïcité, crise du multiculturalisme, crise financière, écologie, régulation de la finance, Europe politique, nucléaire, conflit israélo-palestinien, printemps démocratique, hivers islamistes, justice sociale et fiscale...

Ce sont ces enjeux que Caroline Fourest a su aborder de front et disséquer dans ses chroniques, qui témoignent d’un regard à la fois progressiste, lucide et courageux. Sur les grandes décisions à prendre, et peut-être plus encore sur les routes hasardeuses qu’il faut absolument éviter...

x 13 20,5 195 p. Tout paradis n’est pas perdu
Chronique de 2015 à la lumière de 1905
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Rouaud Jean essai laïcité 2016 06/01/16 9782246860914 Grasset & Fasquelle Politique et société 17,00 € 17.00 présent à Plume(s)
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"Cette chronique est à cheval sur les années 2014-2015. Le thème m’en a été offert par le Front national qui, aussitôt prises quelques mairies, s’empressa d’imposer le menu unique dans les cantines scolaires. On n’en attendait pas moins de Marine Le Pen, mais ce qui changeait dans son argumentaire, c’était l’alibi de la laïcité. C’était au nom de la loi de 1905 qu’elle pouvait en toute impunité stigmatiser les enfants musulmans.

Grâce à quoi on a vu se joindre à sa voix tous les laïques purs et durs qui au nom d’une stricte lecture de cette loi se retrouvait de facto en comité de soutien du Front national tout en jurant, main sur le cour, être évidemment en désaccord avec son idéologie. Ah bon. On peut donc faire une chose et dire son contraire. Ce qui doit plus ou moins s’appeler de la schizophrénie. Ce qui valait la peine de s’interroger sur les motivations des uns et des autres et de se pencher sur ladite loi de séparation des Eglises et de l’Etat.

Mais en fait d’églises il s’agissait de la seule église catholique, les autres faisant de la figuration - l’Islam, qui se trouve à la source de ces querelles sur le menu et le voile, il n’avait pas droit au chapitre, les musulmans d’Algérie n’ayant pas le statut de citoyen. Loi dite de séparation mais plutôt accommodante avec l’Eglise, continuant de chômer les fêtes religieuses, de meubler son calendrier des noms des saints et de servir du poisson le vendredi dans toute les cantines.

C’est au milieu de cette chronique qu’une autre actualité, tragique, s’invita brutalement dans la réflexion. L’exécution de l’équipe de Charlie au nom de l’offense faite au prophète nous rappelait que ce droit à la représentation des figures sacrées avait été pour notre société le fruit d’un long débat qui avait occupé tous les premiers siècles du christianisme. Débat tranché en 843, à Nicée, sous un argument de haute volée : l’image n’était pas une idole mais une médiation pour s’approcher du divin.

Tout notre monde envahi d’images vient de cet arrêté. L’art occidental lui doit tout. Et donc, paradoxalement, la caricature de ces mêmes figures sacrées. "

Jean Rouaud