Autopsie d'un sans-papiers - Librairie Plume(s)
masquer rechercher un article par :   ?  

présent :  dans texte :  titre seul :  exacte :
éditeur: tous
Contacts|Qui sommes-nous|Liens|Agenda|soldes
recherche avancée

sur le thème : sans papier, Plume(s) présente aussi :
Lili, une histoire sans fin   Cette France-là, vol 2 (2008-2009)   Sans-papiers & préfets   Lire les sans-papiers   Travailleurs, vos papiers !   La chasse aux enfants   Désobéir à la pub   Liberté, égalité, sans papiers  
  rayons: BD | Divers | International | Jeunesse | Littérature | Par chez nous | Politique et société-immigration et précarité | Pratique

15,00 €  
Autopsie d'un sans-papiers

Auteur Olivier Las Vergnas
Editeur : Passager clandestin
rayon : Politique et société    -immigration et précarité
support : Livre
type : roman
thème : sans papier
ean : 9782916952147
parution : avril 2009
dimensions : 240 pages ; 13 × 19,5 cm
prix : 15,00 €
disponibilité : prochainement à Plume(s) ?
arrivé à Plume(s) : 10 avril 2009
commander

On ne naît pas sans-papiers. On le devient.

Je ne sais d’ailleurs pas précisément quand j’ai officiellement rejoint cette grande famille des parias dûment homologués. Je suis né et j’ai grandi dans un pays où les miens n’étaient pas acceptés. En sortant de l’enfance, j’ai compris que mon vrai pays n’existait plus, qu’il n’était qu’un souvenir du passé. Quelque temps plus tard, ma famille est venue se réfugier ici. Nous avons attendu des mois et des mois la réponse à notre demande pour bénéficier du statut de réfugiés. Au début, mes parents pensaient qu’au pays des droits de l’homme, ce n’était qu’une formalité ; les semaines se sont succédé sans résultat. Un jour, ils ont fini par accepter que notre sort était scellé. Tellement scellé qu’ils ont décidé de se cacher avant de finir par se faire rafler.

Entre-temps, il y avait eu les deux années où m’avait été reconnu le droit de préparer mon bac pro. J’avais échoué dans ce lycée professionnel, résolu à attendre heure après heure que le temps s’écoule. Je ne m’imaginais pas du tout découvrir dans cet internat de Seine-et-Marne le goût de la vie. Et pourtant. C’est là que j’ai passé des mois passionnants à fabriquer un petit robot agricole et à me laisser apprivoiser dans un atelier d’écriture. À me construire. C’est là que je me suis pris à espérer en un avenir meilleur pour moi. À espérer, jusqu’à la rafle qui m’a précipité dans les griffes d’Otto.

On ne naît pas avec l’envie d’écrire. Elle survient un jour.

Les circonstances peuvent nous empêcher de nous lancer tout de suite : il m’aura fallu trois ans pour passer à l’acte. Trois ans et le remue-ménage de Samira. Mais c’est surtout à Madame Lepouliguen, ma prof de français, et à son drôle de chignon, que je voudrais dédier les pages qui suivent : c’est l’atelier qu’elle animait dans mon lycée qui m’a donné l’envie et les moyens d’écrire cette autopsie, la mienne : Sirwan, ni saint, ni salaud, simple sans-papiers de vingt-deux ans.




Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Nous écrire | Espace privé | SPIP | squelette |