Philippe Baqué - Librairie Plume(s)
masquer rechercher un article par :   ?  

présent :  dans texte :  titre seul :  exacte :
éditeur: tous
Contacts|Qui sommes-nous|Liens|Agenda|soldes
recherche avancée

Vous trouverez à Plume(s) un choix des produits de Timoun, fabricant Saint-Affricain de jouets en bois.
Accueil du site > Les auteurs > Philippe Baqué

Philippe Baqué

Journaliste et réalisateur. Il a collaboré à plusieurs publications, dont Le Monde diplomatique. Il a coréalisé une fiction et plusieurs documentaires sur l’Afrique, notamment Carnet d’expulsions, de Saint-Bernard à Bamako et Kayes et Melilla, l’Europe au pied du mur, qui traitent des problèmes des migrants.

4 articles
tout ouvrir dans de nouveaux onglets par rayon par theme

larg.
?
haut.
?
pages
?
titre +
?
sous-titre
auteur
type
thème
parution +
?
ean
?
éditeur
?
collection
?
rayon
prix
?
disponibilité
?
x 13,5 19 Le beurre et l’argent du beurre T Baqué Philippe et Badini Alidou doc commerce équitable 2007 30/11/06 SMAC »» Divers -DVD 18,00 € 18.00 présent à Plume(s)
AA AA

Banalisé dans la grande distribution, le commerce équitable est devenu une référence pour les institutions et les discours officiels. Il prétend aider les populations les plus déshéritées de la planète à émerger grâce à une répartition plus juste des revenus.

Le beurre de karité, produit par les femmes les plus pauvres du Burkina Faso, est de plus en plus apprécié en Europe où il est utilisé dans les produits cosmétiques ou comme substitut du chocolat. En partageant la vie de ces femmes, le film nous conduit au cœur des problèmes de survie de l’Afrique. Mais, à qui profite vraiment l’argent du beurre ? Qui se cache derrière l’étiquette ? Quelle répartition des richesses pour les petits producteurs ?

Dans la savane du Burkina Faso, l’arbre à karité occupe une place importante dans l’économie de subsistance villageoise. Les femmes extraient les amandes de ses fruits pour les transformer en beurre aux multiples vertus, utilisé dans la cuisine et pour les soins du corps. En vendant le karité, sous forme d’amandes ou de beurre, elles se procurent un petit revenu complémentaire.

Dans un petit village du sud-ouest du Burkina-Faso, nous partageons le quotidien de deux co-épouses, depuis la récolte des fruits du karité et la préparation du beurre jusqu’au marché local. Dans la même région, nous suivons le travail harassant de femmes réfugiées de Côte d’Ivoire qui produisent du beurre de karité pour le compte d’une association caritative. Toutes ces femmes vendent leurs produits à différents réseaux d’intermédiaires et de commerçants qui sillonnent les campagnes et achètent au plus bas prix. L’un approvisionne en amandes le représentant d’une importante société hollandaise, qui en exporte en Europe plusieurs milliers de tonnes. Elles sont transformées en beurre dans des usines et revendues aux industries agro-alimentaires. L’autre réseau alimente en beurre une mystérieuse société française de cosmétique. Dans les deux cas les bénéfices sont juteux, mais la part qui revient aux productrices burkinabées est infime : elles ne peuvent pas en vivre.

Pourtant un autre type de relation économique est possible. Dans la filière karité du Burkina Faso, plusieurs expériences de commerce équitable sont en cours. Juste prix, préfinancement, transparence… sont quelques-uns de ses principes. Mais ces expériences peuvent-elles échapper aux lois implacables du marché ? Leurs acteurs français affichent les mêmes intentions, mais sur le terrain leurs pratiques diffèrent.

Nous suivons au fil des semaines quelques femmes du groupement de productrices de beurre de karité de la ville de Léo. Elles reçoivent la visite d’un de leurs clients français, un responsable de la société L’Occitane, qui se présente à elles comme l’initiateur du commerce équitable. Des ONG proches de l’association Max Havelaar sont aussi en relation avec les femmes de Léo pour préparer des commandes dans le cadre du commerce équitable. Mais la transparence tant vantée n’est pas toujours au rendez-vous et les prix “justes” sont critiqués par les femmes du groupement. En France, nous suivons le parcours du beurre de karité jusque dans les locaux de L’Occitane. Quelle part du prix de vente revient aux femmes ? Leur travail est-il pris en compte ? Les responsables nous donnent leur version du commerce équitable. Comment le respectent-ils ? Comment est-il contrôlé ?

A Tenkodogo, nous nous familiarisons avec les productrices du groupement Laafi. Depuis trois ans, elles fournissent du beurre de karité à la société française de commerce équitable Andines. La présidente de Laafi a acquis une grande connaissance de la filière karité. Elle explique les difficultés à établir un commerce plus juste. Selon elle, seul le prix proposé par Andines peut permettre de rémunérer correctement le travail des femmes. Il est cinq fois plus élevé que celui de L’Occitane. Nous suivons la relation de confiance que les femmes de Laafi ont tissée avec la responsable d’Andines. Comment cette expérience est-elle possible et viable ? Mais l’exemple de Laafi et Andines dérange au sein même du petit monde du commerce équitable. Cette appellation, non contrôlée, a-t-elle encore un sens ?

CE QU’EN DISENT LES RÉALISATEURS

Nous sommes deux réalisateurs qui avons l’habitude de travailler sur les mutations sociales et économiques de nos sociétés contemporaines. Alidou Badini connaît bien le monde rural de son pays, le Burkina Faso, et a tissé des liens avec les femmes qui luttent au quotidien pour la survie de leur famille.

Philippe Baqué s’intéresse à l’économie alternative et a suivi le développement du commerce équitable.

En Afrique, de nombreuses actions humanitaires prétendent réduire la pauvreté. Elles sont souvent menées dans le cadre de grands principes censés apporter un remède miracle. Un temps, ce fut le “développement durable”. Aujourd’hui, le “commerce équitable” a pris la relève. Ses protagonistes permettront-ils enfin à l’Afrique de jouir de ses richesses ?

Le commerce équitable est actuellement en vogue en Europe. Des boutiques en tout genre s’en réclament et les grandes chaînes de supermarché lui ouvrent leurs rayons. Si à ses débuts, les principes du commerce équitable étaient clairement en rupture avec le commerce dominant et la spéculation financière qui le guide, ils nous semblent aujourd’hui beaucoup plus confus. Nous avons ainsi souhaité revenir aux sources du commerce équitable pour savoir s’il peut encore ouvrir des portes sur un autre monde. Nous avons rencontré en France les responsables de l’entreprise Andines, qui furent dans les années 80 à l’initiative du commerce équitable. Nous les avons suivis au Burkina Faso durant leur visite à Laafi, un groupement de productrices de beurre de karité. Plusieurs séjours parmi ces femmes nous ont convaincus que leur relation avec Andines satisfaisait leurs exigences de justice économique et sociale et était exceptionnelle dans la filière karité. La plupart des intermédiaires, des exportateurs ou des ONG prétendent aider les productrices à sortir de la misère. Certains se réclament même abusivement du commerce équitable. Nous avons découvert que, dans la pratique, l’accroissement de la demande de karité en Europe ne profite pourtant pas aux productrices. Les lois du marché ne leur permettent que la survie. Les femmes de Laafi, elles, s’en sortent et leur exemple dérange. À travers une série de portraits, nous réaliserons une mise au point pour faire connaître le commerce équitable, tout en nous interrogeant sur la place réservée à un idéal généreux et solidaire dans nos sociétés contemporaines.

CE QU’EN DIT AFRICULTURES Le site et la revue de référence des cultures africaines

Dans le titre, c’est l’argent le sujet de ce film et c’est là son grand mérite. On y parle gros sous, de façon claire, précise, sur la base d’une véritable enquête de terrain, et c’est fondamental. Car il y a des chiffres qui parlent. Il est rare de sortir d’un documentaire en pouvant répéter à son entourage les données que l’on vient d’entendre durant 62 minutes. Si c’est le cas pour Le Beurre et l’argent du beurre, c’est parce que ce film est d’une appréciable limpidité. Construit comme un récit chronologique, il suit la chaîne commerciale et industrielle en partant de celles qui ramassent et préparent les amandes ou le beurre de karité, les femmes du Sissili au centre-sud du Burkina Faso, la région de Léo d’où provient une grande part du karité importé en Europe, de plus en plus demandé dans la cosmétique ou comme substitut du cacao. Et il suit la filière, d’intermédiaire en intermédiaire. Alors que le principal travail est fourni par ces femmes, les prix s’envolent à chaque échelon. Et voilà qu’en nous la colère monte en même temps que le dégoût, car c’est l’histoire d’un scandale humain, celui de femmes qui se tuent au travail pour un revenu de misère tandis que de gros bénéfices se construisent dans leur dos, à la faveur de leur ignorance des circuits et de leur précarité. Ce scandale, c’est bien sûr celui de notre monde. Mais revenons au point de départ. Une femme vend les amandes de karité à 30 francs CFA le kilo (5 centimes d’euro) au marché. La semaine de travail nécessaire à ramasser et préparer les 40 kg vendus à un revendeur qui négocie ferme pour tenter d’obtenir le meilleur prix ne lui rapporte donc que 1200 Fcfa : 2 euros. Lorsque cette même femme amène son fils au dispensaire pour le faire soigner, on lui demande de payer 4800 Fcfa pour les médicaments… De fil en aiguille, nous suivrons le circuit, chez les grossistes de Bobo Dioulasso, puis chez les exportateurs du port de Lomé, jusqu’à cette société française au grand discours sur le commerce équitable, l’Occitane, présente avec 600 magasins dans 57 pays. La culbute est incroyable. L’Occitane travaille avec une union de productrices de la région de Léo. Elle paye 700 Fcfa (1,07 euro) le kilo de beurre de karité. Cela paraît cadeau quand on sait qu’en dehors d’un circuit privilégié, le kilo se négocie entre 210 et 235 Fcfa (32 à 36 centimes d’euro). Mais la réalité est là : une femme met une journée de travail acharné à produire ce kilo de beurre. Après déduction des coûts, le revenu qu’elle en tire est insuffisant pour en vivre, même à 700 F. A l’autre bout de la chaîne, nous voyons le joli petit emballage avec lequel l’Occitane vend le beurre qui, au terme de son traitement industriel, revient à 4,70 euros le kilo à la sortie de l’usine. Ramené au kilo, le beurre coûte au consommateur 144 euros ! Soit 135 fois le prix payé aux femmes de Léo. Commerce équitable ? C’est un des grands arguments de vente de l’Occitane. Le bénéfice de la société en 2005 s’est élevé à 14 millions d’euros. Oui, les chiffres parlent. Ce film le fait remarquablement. Il va aussi voir la société Andines qui, elle, paye 3000 Fcfa le kilo de beurre aux femmes du groupement Laafi, leur permettant d’avoir un salaire équivalent à celui d’un instituteur, de s’acheter un vélo et de scolariser leurs enfants. Une société dont le bénéfice a été de 2000 euros en 2005. Et qui refuse de travailler avec la grande distribution. Seulement voilà, à 3000 Fcfa le kilo, les industriels ne suivent pas et Andines reste une exception heureuse mais non généralisable. Cela aussi, ce film honnête le dit. Alors, nous nous prenons à rêver, que les femmes s’organisent en un cartel ayant connaissance des marchés, des contraintes et des possibles, que le rapport de forces soit tel qu’elles puissent véritablement négocier leur prix. Un rêve ? Oui, une utopie. Mais si nous voulons que le scandale du monde évolue, ne faudra-t-il pas en passer par là ?

Il faut écouter et voir ces femmes pour en sentir la nécessité. Le Beurre et l’argent du beurre est un film passionnant, édifiant et foncièrement utile. Olivier BARLET : Vous avez dit commerce équitable ?


FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Philippe BAQUÉ et Alidou BADINI
Image : Alidou BADINI et Arlette GIRARDOT
Son : Isidore LALLÉ SAM et Honoré SOULAMA
Montage : Jean-François HAUTIN
Production : La SMAC (Jean-François HAUTIN), SAHELIS (Sekou TRAORE)
Avec la participation du CNC et du Fonds Images Afrique du Ministère français des Affaires étrangères
Et le soutien du Fonds Francophone de Production du Sud, de la Région Aquitaine, de la PROCIREP
62 mn

x 13,5 19 52 mn Eldorado de plastique
Andalousie, El Ejido 2001
T
Baqué Philippe et Girardot Arlette doc agriculture, écologie, immigration, racisme 2001 30/11/00 ADL Divers -DVD 20,00 € 20.00 présent à Plume(s)
AA AA

En Andalousie, dans la région d’El Ejido, un ancien désert a été recouvert en quelques dizaines d’années par l’une des plus importantes concentrations de cultures sous serres de la planète. Les légumes produits sont exportés massivement dans toute l’Europe.

À travers le portrait de quatre habitants de cette mer de plastique, le film aborde le revers de ce miracle économique : l’exploitation à outrance d’une main d’œuvre immigrée sans droits et subissant un racisme latent.

52 mn

x 12 21 432 p. La Bio, entre business et projet de société T Collectif et Baqué Philippe essai bio 2012 19/05/12 9782748901702 Agone Contre-Feux Politique et société 22,00 € 22.00 présent à Plume(s)
AA AA

Cet ouvrage est l’aboutissement du travail collectif de journalistes, sociologues, agronomes et paysans. Certains ont mené des enquêtes de terrain en Amérique, en Afrique, au Proche-Orient et en Europe, d’autres se sont inspirés de leurs propres expériences. Ils nourrissent la critique du « bio-business » mais montrent surtout comment des paysans mettent en pratique les principes fondamentaux de l’agriculture bio et proposent des alternatives à un modèle de société dominant et destructeur.

« Des paysans qui vendent leurs produits bio, avec une réflexion sur un prix juste, sur des marchés de plein vent ou au sein d’Amap. De l’autre côté, une enseigne de la grande distribution qui propose des produits bio importés de l’autre bout du monde, au bilan carbone catastrophique, cultivés par des ouvriers sous-payés et revendus entre cinq et dix fois leurs prix d’achat.

Plutôt qu’une démarche globale, indissociablement écologique, sociale et politique, peut-on réduire la bio à une distribution d’aliments sans pesticides pour consommateurs soucieux de leur santé ? La bio peut-elle se mettre au service du “bien-être” d’une partie de la population sans ébranler les fondements d’une société fondée sur le “mal-avoir” ? »

Au sommaire
Introduction : Quel sens donner à la bio ? (téléchargeable sur http://www.agone.org/labio)
Colombie : la bio au cœur des conflits
La double nature de la bio
Élevages de volailles : la bio va-t-elle y laisser des plumes ?
Opération « B.I.O. » : guerre commerciale et grande distribution
Andalousie : bio et mer de plastique
Des acteurs historiques de la bio face aux nouveaux enjeux
Maroc : l’obsession exportatrice
Biocoop : le grand écart
Changer de distribution pour changer de société
Comment le lait bio va-t-il tourner ?
Les Amap : miracle ou mirage ?
Israël - Palestine : la bio entre champ et bataille
Semences : la bio contre la bio diversité ?
De la démocratie alimentaire aux États-Unis
Bolivie : l’agroécologie d’avant la bio ? L’agroécologie, un outil de transformation sociale
Conclusion : Une autre bio pour un autre monde ?

voir quelques photographies réalisées par les auteurs sur le site de l’association Alterravia

Philippe Baqué est journaliste indépendant, collaborateur du Monde diplomatique, de Politis, de Silence, de Témoignage Chrétien…, auteur du livre Un nouvel or noir, Paris Méditerranée, 1999 et réalisateur de films documentaires : Carnet d’expulsion : de Saint-Bernard à Bamako et Kayes ; Melilla, l’Europe au pied du mur ; L’Eldorado de plastique ; Le Beurre et l’argent du Beurre…

Pierre Besse est ingénieur agronome et maraîcher bio sur une exploitation familiale de la banlieue de Toulouse, membre des associations Areso (éco-constructeur du sud-ouest) et Terr’eau (assainissement écologique). Il participe aux réseaux des Amap aux niveaux régional, national et international. Il écrit des articles pour les revues Nature et Progrès, Ecorev et Silence.

Michel Besson est co-fondateur de la Coopérative Andines (Voir le site et l’appel à soutien) et de l’association Minga, qui regroupe des entreprises impliquées dans la recherche d’une économie équitable. Sociologue de formation (chargé de cours à l’université de Lille), il est l’auteur d’ouvrages sur les communautés (co-auteur de Tentatives communautaires, 1976), sur les dangers de l’automatisation et sur la Colombie.

Clémentine Cirillo-Allahsa est journaliste indépendante spécialisée en sciences humaines et patrimoine régional, impliquée à titre professionnel ou personnel dans différentes associations et ONG, dont, entre autres, des ONG sociales et médicales en Inde, Népal et Togo. Ancienne volontaire civile en Palestine, elle est actuellement collaboratrice de Politis.

Silvia Pérez-Vitoria est économiste, sociologue, réalisatrice de films documentaires sur les questions agricoles et paysannes dans divers pays. Auteure des livres Les Paysans sont de retour, Actes Sud, 2005 (prix Farmers’friend 2008 et prix Nonino en 2009) et La Riposte des paysans, Actes Sud, 2010.

Laetitia Mailhes est journaliste indépendante, installée en Californie et spécialisée dans l’agriculture durable et l’alimentation. Fondatrice du blog thegreenplate.org, elle collabore à Radio France International, Care 2 et a participé aux ouvrages L’effet Whuffie, Diateino, 2010 et Seule la diversité cultivée peut nourrir le monde, réponses à l’OMC, Minga, 2011.

Patrick Herman est paysan-journaliste, producteur de fruits bio dans le sud Aveyron, actuellement sans certification ni mention. Impliqué dans le mouvement du Larzac et dans la Confédération paysanne, il collabore à Réalité de l’écologie, le Monde diplomatique, Politis, XXI… a participé au livre collectif de la Confédération paysanne, Changeons de politique agricole, Mille et une nuits, 2002 et est l’auteur de Les nouveaux esclaves du capitalisme, Au diable Vauvert, 2008.

Hind Aïssaoui Bennani est journaliste indépendante sensibilisée à l’agriculture et à la condition de la femme au Maroc, ancienne animatrice de la Confédération paysanne.

x 12 21 250 p. Homme augmenté, humanité diminuée
D’Alzheimer au transhumanisme, la science au service d’une idéologie hégémonique et mercantile
T
Baqué Philippe essai transhumanisme 2017 20/10/17 9782748903218 Agone Contre-feux Politique et société 20,00 € 20.00 présent à Plume(s)
AA AA

Elle est ensuite devenue grabataire et a changé d’unité, se retrouvant dans un salon où les pensionnaires délirent durant des heures sur fond de radio commerciale ou de séries télévisées. Ce que j’ai vu durant ces années n’a fait qu’alimenter mes doutes autour de la maladie d’Alzheimer. La maltraitance institutionnelle latente, l’omniprésence des laboratoires pharmaceutiques dans sa médicalisation et son accompagnement, l’échec des différentes politiques censées la gérer, la surenchère médiatique... Qu’est-ce qui se cache derrière ce qu’on nous présente comme une épidémie ?

De plus en plus de doutes planent sur la maladie d’Alzheimer, maladie apparue dans les années 1970 dont on n’a jamais réussi à identifier les causes, diagnostic à la mode recouvrant diverses formes de démence sénile, aubaine pour les laboratoires pharmaceutiques lorgnant sur « l’or gris » de la population occidentale vieillissante... Parce que tous les traitements jusque-là mis en place s’avèrent inefficaces, la recherche s’oriente désormais vers la prévention d’Alzheimer : le dépistage précoce, à travers l’étude des gênes des patients qui pourraient un jour être sujets à la démence sénile. Une nouvelle médecine dans laquelle Google, Facebook ou encore Amazon investissent massivement, rêvant d’un être humain « augmenté » grâce à des manipulations génétiques et des prothèses technologiques. Une nouvelle science, au service d’une nouvelle société...

Ce livre, qui commence sous la forme d’un carnet de bord mené au chevet d’une mère diagnostiquée Alzheimer, est une enquête menée à la première personne, s’intéressant aux politiques publiques qui privilégient le soutien à l’industrie pharmaceutique au détriment d’un accompagnement humaniste des malades, pour les relier au transhumanisme, une conception aussi « personnalisée » qu’élitiste de la médecine, en pleine expansion.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Nous écrire | Espace privé | SPIP | squelette |