Le conflit - La femme et la mère - Librairie Plume(s)
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18,30 €  
Le conflit - La femme et la mère

Auteur Elisabeth Badinter
Editeur : Flammarion »»
collection : Essais Flammarion
rayon : Politique et société    -femmes
support : Livre
type : essai
thème : femmes
ean : 9782081231443
parution : février 2010
dimensions : 269 pages ; 14 × 20,5 cm
prix : 18,30 €
disponibilité : sur commande ?
arrivé à Plume(s) : 31 mars 2010
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Trente ans après L’Amour en plus, il se livre une véritable guerre idéologique souterraine, dont on ne mesure pas encore pleinement les conséquences pour les femmes. Le retour en force du naturalisme - qui remet à l’honneur le concept bien usé d’instinct maternel - constitue le pire danger pour leur émancipation et l’égalité des sexes. À force d’entendre répéter qu’une mère doit tout à son enfant, son lait, son temps et son énergie, il est inévitable que de plus en plus de femmes reculent devant l’obstacle. Certaines trouvent leur plein épanouissement dans la maternité, mais la majorité d’entre elles feront un jour le calcul des plaisirs et des peines : d’un côté, une expérience irremplaçable, l’amour donné et rendu et l’importance de la transmission ; de l’autre, les frustrations et le stress quotidien, les inévitables conflits et parfois le sentiment de l’échec. Si plus d’un quart des Allemandes restent sans enfant, cela signifie qu’elles trouvent à se réaliser ailleurs que dans la maternité telle qu’on la leur impose. Pour l’heure, les Françaises ont échappé à ce dilemme du tout ou rien. Tiendront-elles tête aux injonctions des " maternalistes " soutenus par les plus respectables institutions ? Jusqu’à quand sauront-elles imposer leurs désirs et leur volonté contre le discours rampant de la culpabilité ?

Les articles publiés sur Marianne2 au sujet du dernier livre d’Elisabeth Badinter (1) — et de ses diverses interventions sur les ondes ou à la télévision — ont déclenché chez les Mariannautes une avalanche de commentaires : plus d’un millier au total. Ils laissent apparaître une fracture très nette entre anti et pro Badinter.

Les premiers reprochent à la philosophe d’avoir choisi un sujet — l’allaitement maternel, le statut de mère — trop éloigné des véritables enjeux actuels du féminisme dont elle est pourtant censée défendre les couleurs. « L’allaitement au sein ou au biberon n’est nullement une de nos préoccupations, à nous féministes et féministes militant(e)s. Madame Badinter n’est pas -ou n’est PLUS- féministe ; et c’est parfaitement son droit », estime ainsi Abdsalam. Un discours très soft, comparé à celui de certain(e)s militant(e)s féministes qui attaquent Elisabeth Badinter ad hominem, lui reprochant de faire la promotion des couches-culottes jetables, du lait en poudre et des petits pots pour des motifs moins louables que la libération de la femme — elle est actionnaire de Publicis. Ou de se montrer très complaisante à l’égard de la façon dont la pub traite les femmes : « Alors en tant qu’actionnaire de Publicis, Madame Badinter pourrait-elle nous exposer la façon dont elle défend l’intégrité de ses compatriotes face à ses collègues masculins si prompt à enlever le plus de tissus possible pour vendre du yaourt ? », demande Osez le féminisme, imité par Martin : « Madame Badinter , héritière et actionnaire de publicis , a-t-elle condamné l’utilisation quasi porno du corps des femmes dans la pub ? ».

Enfin, il y a celles et ceux qui considèrent qu’Elisabeth Badinter a tort sur le fond. Ainsi de Dong, qui se livre à un véritable plaidoyer :
« "L’allaitement obligatoire ..." ! Quand donc ces veilles théoriciennes féministes cesseront de tout amalgamer : Il y a trente ans, il fallait "se battre" dans les maternités pour allaiter son enfant, ce qui relève d’un choix personnel de la femme et du couple ; aujourd’hui, c’est l’inverse ! Eh oui, qui est libre ne se laisse pas influencer par la mode ambiante. 
On peut, en outre, soutenir et défendre la thèse inverse concernant le machisme des hommes : celle selon laquelle, l’homme considère que les seins de sa compagne sont avant tout dédiés à son plaisir, à la sexualité du couple ! La femme, selon Madame Badinter, ne serait donc qu’inéluctablement soumise, quant à sa maternité, qu’à l’alternative de "mère objet" ou de "femme objet" ... Ce qui traduit, à mon sens, un certain mépris pour ses consoeurs ! 
Idem pour la couche culotte et la caricature de la mère écolo : Que celles qui, selon les préceptes du retour à la nature, préfèrent faire bouillir et "démerder" ses couches coton sur le fourneau à bois ou dans le chaudron de la cheminée se fassent connaître ! »
« J’ai bien du mal avec ce féminisme d’un autre âge qui oppose féminité et maternité, écrit pour sa part Lei. Quant aux couches lavables... Qui a dit que seules les mères géraient ça ? L’homme du 21è siècle est-il toujours incapable d’appuyer sur le bouton de la machine à laver ?! ».

Du côté des pro-Badinter, on dénonce à l’unisson la dictature de l’allaitement maternel. « Ça me semble très important de dénoncer ce chantage feutré à l’allaitement, écrit Naima, parce que j’ai connu pas mal de femmes qui n’ont pas envie d’allaiter, à qui cela n’apporte aucun plaisir, qui vivent mal le rapport à l’enfant que cela entraîne, notamment l’impression que le bébé voit le père comme un être à part entière et elle comme une source de nourriture, qui ont envie d’autre chose. Mais qui se taisent et allaitent quand même, en culpabilisant de ne pas kiffer parce qu’on leur a décrit mille et mille fois l’immense joie que cela procurait. En plus, question " marketing", c’est fort drôle, car la plupart des copines allaitantes que je connais ont pris des compléments alimentaires, ont acheté la machine à tirer le lait, et le bio , c’est pareil, c’est devenu aussi un marché, une image de la femme qui fait vendre et à laquelle chacune veut s’identifier. »

D’autres, comme Patricia, considèrent que le propos de Badinter dépasse de beaucoup le simple combat contre le diktat de l’allaitement : « Ne pensez-vous pas que c’est à partir de diktats tels que les bienfaits de l’allaitement maternel entre autres (c’est bien connu, plus l’enfant est allaité longtemps, mieux il se porte) que les femmes "se mangent" le plafond de verre. Il est également clair que les opportunités de carrière sont proposées aux hommes plutôt qu’aux femmes au motif que celles-ci risquent d’être plus souvent absentes si elles ont des enfants. Ainsi, dans nos sociétés, la vie familiale (enfants, entretien de la maison, parents vieillissants) est considérée comme étant à la charge des femmes. Pour cette raison, celles- ci sont rares aux postes de décision et par rapport aux hommes dans les mêmes fonctions leur salaire est inférieur dans une large proportion. Le combat féministe a encore de beaux jours devant lui. Merci encore Madame Badinter de le continuer. »

La conclusion revient à Jyl (un homme ?) : « Il y a toujours des combats plus importants que celui du jour. 
Mais est-ce une raison pour ne pas le mener ? 
D’ailleurs si j’ai bien compris le propos d’Elisabeth Badinter , il ne s’agit pas de juger. Il s’agit de redonner leur liberté aux femmes et de rejeter en bloc cette dictature hygiéniste culpabilisante, qui s’impose peu à peu dans nos sociétés apeurées et craintives , sous les apparences d’écologie et de naturalisme mais qui cache mal l’influence de mouvements religieux et sectaires venus des Etats-Unis... Ce que souligne avant tout Madame Badinter, c’est qu’on l’on vit actuellement dans nos sociétés occidentales et notamment en France une période réactionnaire, au vrai sens du terme, telle que notre génération post années 60/70, n’avait pas imaginé, qu’elle pourrait revenir un jour. Et pourtant , c’est le cas. Nous sommes entrés dans une phase de régression immense . »

Marianne

Notre avis :

La philosophe a voulu jouer la sociologue. Et voilà ce que ça donne : une interprétation personnelle sans études de terrain, pour moi c’est une imposture.

Voir la réponse de la Leche League à Mme Badinter qui attaque l’association dans son livre : http://www.lllfrance.org/



l’auteur :


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