Les gros seins de la petite juive - Librairie Plume(s)
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6,00 €  
Les gros seins de la petite juive

Auteur Jean-Pierre Andrevon
Editeur : Après la Lune
collection : La maitresse en maillot de bain
rayon : Jeunesse    -littérature
support : Livre
ean : 9782352270140
parution : mai 2006
dimensions : 60 pages ; 10 × 16,3 cm
imprimé en France
prix : 6,00 €
disponibilité : épuisé, mais encore disponible à Plume(s)
arrivé à Plume(s) : 30 mai 2012
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Que me restait-il des gros seins de la petite juive ?...
Il me restait, intact, le fantôme qui m’avait accompagné toutes ces années et pouvait maintenant, après sa métamorphose ultime, se fondre à mon esprit apaisé, au milieu de la lumière d’août, dans le tardif et trompeur éblouissement du monde.

Extrait du livre :
Depuis tout petit, après les classes, on s’y retrouvait pratiquement tous les jours avec les copains. C’est sur les bancs de la place Victor-Hugo que certains ont fumé leur première cigarette (pas moi), c’est sur ses bancs que certains ont bécoté leur premier flirt (pas moi). La petite juive, je ne crois pas l’avoir vue une seule fois place Victor-Hugo. Au temps de la guerre, le temps de la petite juive, la place était le lieu des garçons. Les filles sont venues plus tard, après la guerre. Mais pour la petite juive, c’était trop tard. Son temps était passé. (...)
A l’époque des marrons, il y avait aussi, sous les marronniers, des hannetons. A la même époque, vraiment ? C’est fou comme on oublie, comme les dates peuvent se mélanger. Mais je n’oublierai jamais les hannetons. Cette espèce d’insecte, de la famille des coléoptères, subit une métamorphose qui les fait passer de l’état de larve hideuse et blanchâtre à celui de magnifique bijou cuirassé dont la carapace est de la même couleur, de la même nuance, du même brillant, de la même texture exactement que la surface d’un marron. Qui s’est fait la réflexion ? Cette ressemblance mimétique induit inévitablement un comportement similaire : un hanneton, c’est en quelque sorte un marron à pattes. On l’aura donc compris, je ramassais aussi des hannetons pour les monter chez moi. Je ne les maltraitais pas véritablement. Au pire, j’attachais mon prisonnier par une patte, à l’aide d’un fil de couture, à une épingle plantée dans ma table d’écolier, puis j’attendais qu’il décolle. La bête ayant pris son envol lourdaud, je guettais le moment où le fil se tendait et où l’insecte, au bout de sa longe aérienne, battait désespérément des ailes avant de retomber en grésillant. Ensuite, il repliait piteusement ses ailes sous l’espèce de sécateur dessiné par le double battant de la carapace marron. Je n’avais plus alors qu’à patienter jusqu’au prochain envol.


l’auteur :
Jean-Pierre Andrevon : +


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